Parenthèse refermée. Enfin, c'est ce qu'on dit. Une réponse est arrivée mardi soir. Il était temps. Avec le peu de recul que j'ai, je trouve le personnage détestable. Je résume la situation. Mi-juin, je prends mon courage à deux mains pour lui exprimer avec difficultés les "sentiments" que j'ai pour lui. Il me répond en toute franchise (ce que j'apprécie) qu'il n'est pas prêt et ce, avec le traditionnel couplet "tu es une fille exceptionnelle et nous resterons toujours amis". Parenthèse refermée. Deux mois et sept mille kilomètres plus tard, il me dit que la situation n'est pas si simple, qu'il y a beaucoup réfléchi et qu'il a encore besoin de temps. Parenthèse rouverte. Nait en moi un espoir qui me bouffe rapidement. Partagée entre la nécessite de me protéger et les papillons d'une possibilité, je ne mange plus pendant près d'une semaine. Gamine poireautant à côté de son téléphone. Bien entendu, celui-ci ne sonne pas. Il faut que moi-même je mette fin par mail à cette macération douteuse pour qu'il en vienne à m'écrire que lui aussi en était arrivé à la même conclusion : ça n'évoluera pas. Détestable parce qu'il m'a fait joué le rôle d'une ado de quinze ans. Pourquoi avoir fermé puis rouvert, puis refermé cette porte ? J'en viens à me dire que moi-même je n'aurais jamais du l'ouvrir, que je m'étais sans doute trompée sur sa personne. Je voyais quelqu'un de fort, de déterminé, de spontané. Je vois aujourd'hui quelqu'un de torturé et d'indécis, un courant d'air. Il avait raison sur un point : il ne sait pas où il en est. Mais qui le sait ?

Cette dernière boucle qui finit en cul-de-sac me conforte encore dans cette idée décidément tenace que je ne suis pas faite pour une histoire à deux. Mon histoire s'écrira seule dans les prochains temps. Nam avait déjà tracé les premières lignes de cette réflexion, j'y mets un point. A quoi bon chercher à construire ou à connaitre l'autre quand cela génère tant de doutes et d'affres ? La tranquillité et la sérénité passent par la solitude. Une indépendance qui me permet tellement de choses.

Je passe le week-end chez mes parents absents. Je suis de garde de Grand-mère. J'avais lancé les invitations à gauche à droite, mais personne ne semble bien motivé. Je suis d'ailleurs agacée de devoir courir après les gens pour obtenir des réponses. Je vais sans doute troquer un week-end festif contre deux jours de solitude à la campagne. Curieusement, la seule personne à m'avoir répondu avec certitude, c'est lui, l'homme aux mille questions. Pas de nouvelles de lui jusqu'à maintenant. Viendra-t-il ? J'en doute. Se savoir seul face à moi, alors qu'il n'a pas su m'affronter les derniers jours, va certainement lui coller une belle frousse. J'aurais eu des questions à lui poser : pourquoi avoir agi ainsi, pourquoi m'avoir fait languir, qu'est ce qui a pu susciter ces doutes ? Mais je sens qu'il ne viendra pas et que je n'ai pas besoin de poser ces questions. Et finalement, l'idée de passer deux jours seule me convient. J'ai besoin de temps pour moi, je me sens mieux maintenant que la question ne se promène plus au-dessus de ma tête, je mange à nouveau et je pense avec joie aux événements à venir.

J'ai eu mes premières classes. Ils sont pleins de bonnes résolutions et de motivation pour attaquer cette rentrée. J'ai été surprise de les voir fourmiller de questions et de projets. Bien que l'idée de poursuivre les cours à M. ne m'enchantait pas, les premiers contacts que j'ai eus avec eux m'ont donné envie de m'engager sur une nouvelle année. Une année qui s'annonce plus légère que la précédente : moins d'heures de cours, plus de temps pour moi, pour des projets qui s'éloignent un peu de l'enseignement. Le théâtre fait partie de mes priorités. Interventions pour des associations, mise en scène, création de nouveaux ateliers... L'écriture aussi. Si je parvenais à trouver le temps, à m'aménager des moments à moi, j'aimerais donner naissance à des écrits concrets : nouvelles, pièces de théâtre...

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