L'été dernier, en période de doute et de fragilité, j'ai eu besoin de me rassurer. Cela est passé par le matériel. Je crois que quand les émotions nous trahissent et nous poignardent, on s'attache à de toutes petites choses, souvent inutiles et encombrantes. Pacotilles et grigris. Une espèce de superstition censée nous protéger du mauvais sort.

 

Je créé des boîtes colorées pour mes objets magiques qui à leur tour deviennent magiques. J'aime les rubans, les petits papiers, les clés. Les objets qui ont déjà eu une vie et auxquels on en propose une seconde. Souvent radicalement différente de la première. Ils en perdent leur fonction pour en retrouver une autre, à mes yeux seulement.

J'aime glisser sous mes doigts des rubans soyeux. J'aime le contact rassurant et la régularité. J'en récupère partout, mais je n'en achète pas. Et je les range, joliment enroulés sur eux-mêmes dans une petite boîte métallique, où serrés les uns contre les autres, ils attendent que je vienne les observer, les caresser et les enrouler à nouveau.

J'ai des clés. Des centaines. Elles ont ouvert des portes. Des centaines. Des portes qui donnaient sur des pièces pleines de promesses. Des clés rouillées et d'autres brillantes. Des clés petites et tordues, d'autres massives et puissantes. Elles attendent sagement d'être accrochées sur un mur, sur lequel elles ne pourront que se souvenir de leur rôle premier.

J'ai une boîte à papiers. Une grande boite noire dans laquelle je plie des papiers multicolores, de toutes tailles et de toutes textures. Eux aussi, je les récupère à gauche à droite, papier cadeaux, papier journal, papier d'emballage, papier kraft ou papier de soie. Ils trouvent tous leur place. Parfois, je m'en sers pour des courriers, pour de la déco... Mais pour la plupart, ils restent là, dan sleur boîte.

Ces petits riens, ces petits tout, constitue une richesse inutile. De petits trésors de pacotille. Des trophées sans importance que je glane et que je conserve. Parfaitement consciente de la futilité de cette pratique, je ne la partage avec presque personne. Aujourd'hui avec vous, lecteurs. Ici, c'est un lieu de futilités et de bagatelles. "Diane Groseille", c'est comme une petite boîte en ferraille dans laquelle je mets mes idées... Et que je ne suis pas la seule à ouvrir !