Deux jours merveilleux, pleins de soleil. Mise en lumière de certains éléments qui restaient dans l'ombre. 

 

Samedi soir, repas avec mon groupe de théâtre. Un parmi tant d'autres les derniers temps. C'est bon et simple d'être avec eux. Depuis la rentrée, les liens se sont faits plus forts et j'apprécie tout particulièrement leur compagnie. Nous construisons ensemble, nous partageons et bien que nos caractères soient très différents, nous arrivons à être soudés dans cette démarche. A venir, de beaux projets qui vont finaliser notre année de travail.

 

Puis, hier matin, j'ai pris la route pour la montagne. Accompagnée de Nam, de Lu et de ma belle Tine, nous avons trotté de longues heures dans les pentes des Vosges, serpentant entre les rochers, les ruisseau et dans les herbes folles et fleuries. C'était la première fois que je revoyais Nam en dehors de notre petit cercle et j'appréhendais un peu ses réactions. Il a été on ne peut plus correct, évoquant à peine parfois ce que nous avons vécu. Il y a si peu à dire sur le sujet que je n'en attendais pas moins de sa part.

J'ai aimé l'effort, le souffle coupé, les paysages magiques à cette période de l'année digne des contes de fées. Tine et moi nous attendions parfois à voir filer un gnome dans les sous bois tant le décor semblait fantastique.

 

Je connais Tine depuis longtemps. Elle est une amie du Pooh. Quand nous étions encore étudiantes, nous n'avions rien en commun et les soirées passées ensemble ne faisaient qu'appuyer ce manque d'affinité. Je profitais alors de ma jeunesse en me risquant sur des chemins excessifs, alors qu'elle traversait une vie d'étudiante modèle. D'ailleurs très souvent à l'époque, j'ai perçu des reproches, une animosité, par rapport non seulement à ma façon de faire, mais également à la mauvaise influence que je pouvais avoir sur le Pooh. Puis le temps a passé. Chacune d'entre nous a élaboré sa vie d'adulte. Je l'ai revue souvent, toujours par personne interposée. Puis l'an dernier, alors que j'en bavais et que tout me semblait insurmontable, elle traversait les mêmes difficultés. Souvent, le Pooh m'en parlait et nous avons finalement eu l'occasion d'en parler ensemble. Et comme nous vivons toutes les deux seules dans la même ville, nous avons commencé à nous voir seules, autour d'un verre, devant un film, pour une balade. Aujourd'hui, elle est une personne très proche de moi, sur laquelle je peux compter et dont j'apprécie la spontanéité et la joie de vivre.

Pendant que nous trottions, je réfléchissais aussi à mon futur, aux prochains mois. Comme chaque année, c'est une période d'incertitude. Je ne sais pas de quoi va être faite ma prochaine année scolaire. J'appréhende toujours un peu. Je veux faire des choix pour améliorer les choses, mais choisir c'est renoncer et parfois, d'autres font les choix à ma place. Alors que j'évoluais dans un pierrier réputé particulièrement dangereux et que je cherchais où poser mes pieds pour avancer en toute sécurité, ces idées me traversaient l'esprit. Je voyais chaque caillou comme une stabilité future. Et ce pierrier comme une métaphore de ma vie. Où prendre appuie pour ne pas perdre l'équilibre, quels risques prendre ?

Marcher, c'est définitivement avancer.