presque (adv.): à peu près, mais pas tout à fait. Quasi.

perles_et_cie

C'est le mot qui me sort par les yeux en ce moment. Je ne peux plus l'entendre. Demander à un élève qu'a le pif en l'air s'il a fini son travail, et lui de prendre un air concentré et de me répondre "presque". Je l'entends dix fois par jour. Je n'aime pas cet adverbe, cette approximation, cette suffisance qui se cache derrière. On laisse transparaître l'idée qu'on en aurait déjà fait assez. On se contentera de ça.

"Presque" est à l'image de certains de mes élèves. Ils sont trop nombreux à être "presque" quelque chose. Superficiels et pas tout à fait. Presque motivés, presque surs de savoir ce qu'ils font là, presque attentifs, presque studieux.

Pour ma part, j'essaye d'être entière, d'être à 100%, et je ne parle pas forcément ici de la performance mais de la façon d'être, alors cette superficialité me dérange. On ne la retrouve pas qu'au niveau du travail, elle est partout : dans les relations entre les personnes, dans la transmission de l'information, dans le langage. On se contente d'un "pas tout à fait". D'un "quasi". Les exigences disparaissent et laissent place à un "à peu près" qui se généralise.

Je n'aime pas "presque". Et si aujourd'hui, je peux paraître un peu réac' avec de tels propos, c'est parce que j'ai moi aussi pu être "presque" les derniers temps. Presque bien dans mes pompes, presque pas fatiguée, presque à l'heure, presque sure de savoir où je vais. Je suis finalement moi aussi victime de la presquitude. Et aujourd'hui, j'ai envie de certitude et de plénitude.

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