jeudi 4 février 2010

Quid novi sub sole ?

Des jours plus difficiles. J'ai trébuché. On appelle ça "rechute". Mon médecin avait voulu réduire les doses. J'étais confiante. J'avais presque fini par croire que cette force en moi ne pouvait venir que de moi. Mais non, une feinte de la part des médicaments. C'est venu vite. D'abord, du mal à se lever le matin. Des envies qui se font plus timides : aller travailler, se faire à manger, sortir voir du monde...

Puis l'autre soir, après l'atelier théâtre, comme tous les lundis soirs, nous nous sommes retrouvés autour d'une table. En fin de repas, alors que nous parlons de l'amour avec un grand A, Christophe me dit qu'il me souhaite "bonheur et douceur". Je rétorque comme à chaque fois, convaincue, que je suis heureuse comme ça. Plus tard, je monte dans ma voiture pour le trajet retour. Je me sens fatiguée, lassée. En roulant, sans réfléchir, je sens cette vague qui gronde en moi. Je ne veux pas pourtant, mais je sais que je ne peux rien y faire. Les mots de Christophe résonnent. Puis elles arrivent, douloureuses et rassurantes à la fois, les larmes qui n'avaient pas coulé depuis des mois. Ça a duré toute la soirée et je me suis endormie avec des sanglots dans la gorge. Le matin au réveil, elles étaient toujours là, plus sournoises, lancinantes.

J'ai filé chez le médecin. Il m'assure que c'est une erreur de sa part, qu'il était sans doute trop tôt, que les failles étaient encore là. Il dit que ce n'est pas un signe de dépendance, simplement la preuve que la dépression était sérieuse et que les médicaments sont efficaces. J'ai besoin de temps pour me reconstruire. Je me sentais pourtant si bien. Alors je suis repartie pour trois mois de traitement comme au début.

Je me sens seule. Il y a encore quelques semaines, quelques jours à peine, je trouvais cette solitude douce et tellement confortable. Puis là, une présence me manque, je suis prise de panique parfois. Je ne parviens pas bien à gérer le temps lorsque je suis chez moi toute seule. Je retrouve les angoisses de cet été que je pensais disparues à jamais. J'ai du mal à me mettre au travail, j'ai l'impression d'être toujours débordée.

Côté Nam, silence radio. Enfin, j'ai réussi à me débarrasser de cette histoire. Il y avait quelque chose de plaisant à l'idée de séduire mais je savais depuis le début qu'il ne pourrait rien y avoir entre nous. Il a fait "ses preuves" en rentrant de son voyage au bout du monde. Il s'est montré plus odieux que jamais (et pourtant, il avait déjà été bien lourd). J'ai senti la distance se creuser entre nous, j'ai compris que je ne voulais vraiment rien attendre de lui. Je l'ai écouté parlé seul, j'ai pris conscience de la dimension de son égo. J'ai observé patiemment tous ses défauts qui en sont devenus très vite insupportables (sa façon de claquer ses talons au sol, de manger la bouche ouverte, ses ronflements, ses trous de mémoire pour tout ce qui ne le concerne pas, son air blasé...). Il a insisté pour que je ne sois pas sévère avec lui, pour que je lui laisse des chances. Nous avons cumulé des soirées durant lesquelles je n'ai pu qu'affronter l'évidence : un boulet ! Il a fini par me dire que sa séparation était la décision de son ex' et qu'en prime celle-ci était enceinte (ça je l'ai su plus tôt). J'ai fini par lui envoyer un mail pour qu'il ait sous les yeux les mots qu'il ne voulait pas entendre : je ne souhaite plus le voir et maintenant, il sait exactement pourquoi.

Je ne vois pas grand chose devant (là aussi un point commun avec mon état d'esprit estival). Un voyage de quatre jour à l'autre bout de la France, du travail, des échéances sur les quelques projets en cours. Le printemps aussi. Et je gobe tous les soirs ma petite pilule en espérant que mes repères se redessinent.

Mousse_et_glace

Posté par Diane Groseille à 09:39 - - Commentaires [11] - Permalien [#]