En cette fin d'année rendue difficile par des paramètres imprévus et indépendants de ma volonté, je suis fatiguée. Ma tête et mon corps sont fatigués.Parfois, il y a comme des déconnexions dans mon quotidien. Réactions machinales et ridicules.

L'autre jour, par exemple, je trainais sur des sites de vente par correspondance : les soldes approchent et je cherche à repérer des vêtements sympas pour cet été. Alors que les pages virtuelles se tournent sous mes yeux, je me rends compte que ce dont j'ai vraiment besoin pour pouvoir porter ces vêtements est une belle paire de jambes. Sur chaque photo, ce qui me plait n'est pas le vêtement mais les longues jambes galbées et halées. Je réfléchis deux secondes : quel site me proposerait une belle paire de jambes et à quel prix ? * Déconnexion.

Trajet en voiture, il y a peu. La chanson diffusée à la radio me plaît et naturellement, je tourne le petit bouton de mon poste et je savoure le son. Et je me dis, très spontanément qu'il faudrait penser à installer le même petit bouton sur la vie, sur chacun de nous, comme ça, quand il y a des moments qu'on aime bien, on peut les intensifier, monter le volume et permettre aux autres autour d'en profiter. A l'inverse, les moments de douleur pourraient être tus. Déconnexion.

Et tout à l'heure devant la télé, cerveau en veille, je veux changer de chaine et je prends ma calculatrice à ma droite qui a servi à faire ma déclaration d'impôts. Il m'a fallu quelques secondes, la regarder, pour me rendre compte que je ne pourrai pas changer de chaine, même avec beaucoup de bonne volonté. Déconnexion.

Je passe beaucoup de temps à ne plus penser, volontairement, je vide ma tête de toute la gymnastique mentale de l'année. Et alors me viennent des mécanismes spontanés de pensée originaux, voire absurdes. Aussi ridicule que cela puisse paraître, ça me fait "avancer le crâne". Je réfléchis indirectement à ces gestes du quotidien, vides de sens et chargés de symboles si on les observe de plus près. Et j'ai l'impression de me libérer. Un peu. Et je trouve dans ces gestes de banalité des réponses que je n'attendais pas.

chocolate_con_pana

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[* Projet piscine, le stade nautique va me permettre de nager en plein air, cette fois-ci, il va falloir s'y tenir. Je marche déjà, je traine mon Lu sur des chemins de campagne que nous foulons d'un pas rapide, malgré quelques arrêts pour grappiller des cerises.]