lundi 18 mai 2009

Paroles, paroles, paroles.

" Un de perdu, dix de retrouvés "
" Fais toi plaisir, drague, sors, fais la fête ! "
" Tu verras, ça va passer, c'est qu'une question de temps "
" Il ne te méritait pas "
" Oublie ! "
" Bienvenue au club des célibataires "
" T'es forte, tu vas t'en sortir "
" Ah, les mecs, tous les mêmes "
" Moi j'aurais pas eu ta patience "
" Il avait besoin d'un bon coup de pied au cul "

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Posté par Diane Groseille à 11:22 - - Commentaires [5] - Permalien [#]


En rose et gris.

Arrive le temps du concret. Voilà deux mois que la décision est prise et Neb est parti ce week-end J'ai envie de dire "enfin" mais je n'y arrive pas. Depuis début mars, nous vivons sous le même toit, j'observe la facilité avec laquelle il rebondit, il reconstruit sa vie et son réseau d'amis. De mon côté, bien que la décision m'appartienne, je coule assez régulièrement, je bois la tasse pour finalement venir récupérer un peu d'air à la surface. J'essaie désespérément d'y voir clair :

Voir la vie en rose, c'est positiver cette décision. Bien sur, j'ai fait le bon choix, ça ne pouvait pas continuer comme ça, nous n'étions plus un couple et je nous ai rendu service à tous les deux en prenant une décision qu'il n'aurait jamais prise. Aujourd'hui, je me sens libre d'avancer et de construire quelque chose de solide, seule. J'exerce un métier qui me plait, au travers duquel je m'épanouis car je me sens utile. Le rapport que j'entretiens avec mes collègues, mes étudiants et mes patrons est excellent. Des liens se sont tissés cette année avec certains, je ne crois pas avoir déjà passé une année aussi riche professionnellement. Je me sens également bien dans mon corps, j'ai perdu quelques kilos et ce n'est qu'un début (j'aime l'idée en ce début d'été de "me débarrasser d'un poids"). Je vais me remettre au sport et dépasser mes limites : me fixer des objectifs. J'ai un appartement que je garde (malgré les complications que ça va représenter), je m'y sens bien et le départ concret de Neb et de ses meubles va me permettre de m'y réinstaller, de modifier certaines choses pour marquer cette rupture. Ma famille est un soutien de tous les jours, ils sont là et ne me jugent pas, ils m'appuient dans chacune de mes décisions, ils m'écoutent malgré les sautes d'humeur qui me caractérisent en ce moment  J'ai mon Lu, cette petite vie qui va rester près de moi, qui m'apporte tant, que je me dois de protéger. Je veux préserver cette solitude naissante et fragile, cette autonomie précieuse, j'ai envie de structurer ma vie autour de ce/ceux que j'ai déjà. Je veux réapprendre à savourer cette indépendance que j'ai tant aimée.

demi_cosmos

Puis certains jours, malgré tous ces éléments positifs, le gris prend le dessus. Alors que l'on  connaît les plus belles journées de l'année, un voile sombre vient ternir mon quotidien.

Voir la vie en gris, c'est voir cette décision comme la fin de quelque chose, et rien d'autre, c'est ne pas réussir à voir devant. Ne voir que l'instant présent, un arrêt sur image, étouffant, pétrifiant. Je fais le point sur tout ce que j'ai voulu construire, sur ces projets que je pensais communs et qui n'appartenaient qu'à moi, aujourd'hui avortés. Je me sens cruellement seule, et je vois le passé comme une grande parenthèse glauque, une trahison, alors que je pensais être comprise et partager. Je ne sais pas comment je vais réagir à la solitude qui suivra puisque je ne l'ai pas connue depuis longtemps. Neb me renvoie en permanence la richesse de son carnet d'adresses au visage. Il sort, en revient souvent ivre et agressif. Je me fais du soucis pour lui. Je ne sais pas comment il va reconstruire sa vie et s'il ne va pas basculer. Tout le monde me dit que ça ne me regarde plus, si seulement c'était si simple. De mon côté, je n'ai que peu d'amis, je n'ai pas envie d'en trouver d'autres, les gens me déçoivent, je me sens blessée et je suis envahie par une volonté de m'isoler. Je vois les vacances arriver comme une épreuve. J'imagine de longs passages à vide. Je ne me pense plus capable de faire confiance, peut-être même plus à moi-même. Un pan de moi-même, de ma force, s'est écroulé, lourdement, peut-être définitivement.

mur

J'essaye de trouver une constance dans cette période de doute. J'ai besoin de me retrouver. Les questions se bousculent. et restent sans réponse. Suis-je capable de vivre seule ? Peut-on reconstruire sa vie à trente ans ? Ai-je envie de la reconstruire? Puis-je encore aimer ?

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Posté par Diane Groseille à 09:59 - - Commentaires [10] - Permalien [#]