Une maison propre, cuisine impeccable, linge lavé et rangé, juste ma paire de talons qui traine sur la parquet du couloir.  La télévision et à travers elle Harrison Ford marmonnent des choses que je n'écoute pas. Il me reste des documents à classer pour attaquer sereinement cette trop longue semaine pourtant raccourcie par le vendredi férié spécifique à ma région. Je vais boucler près de quarante heures de cours en quatre jours. Journées qui vont souvent s'achever après neuf heures. Il va également falloir corriger au plus vite ces quatre-vingts-dix copies dont les notes sont à enregistrer pour le quinze du mois. Et comme je pars quatre jours en Italie avec ma famille, il faudra terminer ça avant !

Ce programme me convient : il me permet d'écarter les idées sombres, celles qui ne me laissent pas entrevoir un avenir après tant de projets avortés. Sentiment d'échec, de blocage net en pleine course. Envie de me blottir sous ma couette et de ne me réveiller que dans quelques mois, quand la tempête sera passée. Parce qu'elle va passer.

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