" Plus tard, j'appris l'étymologie du mot "maladie".
C'était "mal à dire".
Le malade était celui qui avait du mal à dire quelque chose.
Son corps le disait à sa place sous la forme d'une maladie.
Idée fascinante qui supposait que
si l'on réussissait à dire l'on ne souffrait plus. "

Biographie de la faim, Amélie Nothomb, 2004.


Je suis malade depuis plus de deux semaines. J'ai d'abord eu droit à des crampes intestinales qui ne me permettaient plus de manger normalement. Mon ventre s'était transformé en machine à liquéfier les aliments en quelques minutes. Lorsque j'ai cru que j'allais mieux, j'ai commencé à tousser. Ça s'est soldé par une bronchite qui m'a clouée au lit pendant plusieurs jours : fièvres et courbatures, nez-fontaine et quintes de toux épuisantes qui me laissaient épave. J'ajoute à ces deux semaines pleines de bonheur des réactions cutanées plus surprenantes les unes que les autres : plaques rouges, irritantes et gonflées.

Alors, puisqu'Amélie le dit, j'attends avec impatience de pouvoir formuler tous les mots qui s'étranglent pour le moment dans ma gorge, pour ne plus souffrir. Ici, l'autre jour, un grand pas en avant. C'est déjà ça !