lundi 29 septembre 2008

Gain.

Comme tous les matins... J'ai eu du mal à ouvrir les yeux. J'ai détesté soulever la couette qui a laissé le froid se poser sur ma peau. J'ai frissonné au contact du sol de la salle de bains sous mes pieds et plus encore lorsque l'eau sur mon visage a semblé nettoyer tout le sommeil qui le chiffonnait encore. Il a fallu se maquiller, s'habiller, préparer toutes mes affaires avec cette crainte récurrente d'oublier quelque chose. Je n'ai pas aimé les courants d'air dans les escaliers, le sol glissant d'eau de javel dans le hall d'entrée. J'ai râlé durant ce trajet quotidien de quarante minutes d'embouteillages.

Arrivée sur place, on m'a regardé avec un sourire étonné... Parce que je n'avais pas cours ce matin !

D'abord ça contrarie, parce qu'on a fait tout ça pour rien et qu'on aurait pu rester bien au chaud. Puis ensuite, quelqu'un dit "tu peux rentrer chez toi", et là, ça fait comme quand on était au lycée et qu'on avait un prof absent. On réfléchit à tout ce qu'on va pouvoir faire pendant ce temps gagné...

matinades_4
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lundi 22 septembre 2008

Procrastination.

Incroyable cette capacité que j'ai à trouver cinquante trucs sans importance à faire
quand un énorme paquet de copies à corriger en urgence m'attend sur un coin de table.

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photo_prof

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samedi 20 septembre 2008

Fade out.

Peut-être absente de ma vie.
Comme spectatrice de l'extérieur.
Rajouter des morceaux d'histoires,
qui ne sont pas les miennes.
Pour donner une autre teinte.
Accéléré - Ralenti.
Et des mots pour marquer le tempo.
Preuve pour le futur.
Marque d'atmosphère.

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aneth

Finalement, il ne reste de la vie que quelques mots, une image et des notes de musique.

Et on passe notre temps à essayer de redessiner des moments et d'en effacer d'autres.


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samedi 13 septembre 2008

It's raining outside.


Tasse de thé et gouttes de pluie. Plusieurs semaines déjà ont filé. J'ai aimé les retrouvailles avec mes étudiants. Je les retrouve comme si je ne les avais jamais quittés. Tous pareils et pourtant si différents. Cette année encore je me retrouve face à l'évidence : c'est mon métier. Et les projets de toujours attendront encore. Ça a plus de formes, de précision et de contours que ça n'en a jamais eu. Je sais où je vais, ce que je veux pour eux et je me montre plus exigeante et rigoureuse que jamais. La façon dont ils vont me percevoir a moins d'impact encore et elle n'en avait jamais eu beaucoup. Et paradoxalement, alors que je leur en fais baver toute l'année pour l'obtention de cet examen, ils me remercient. J'aime leurs sourires, leurs envies, leur motivation de mois de septembre qui va s'envoler comme les feuilles des arbres.

Ce matin encore trop de pluie. On avait osé espérer un été indien, un sursis, des week-ends de randonnée dans les Vosges. On se retrouve cloîtré avec un travail assommant et des idées plein la tête. Je pense au marché qui se tient sur la place en bas de chez moi et que je n'ai aucune envie d'aller fréquenter ce matin. J'imagine ces pauvres gens sous leurs abris, se frottant les mains pour se réchauffer. Je vais travailler toute la journée, comme hier. Hier, c'était pour avancer dans mes propositions de cours, histoire de ne pas me retrouver coincée dans l'année. Aujourd'hui, je corrige un mémoire professionnel d'une quarantaine de pages qui va me demander quelques bonnes heures de réflexion.

Heureusement, il n'y a pas que le travail. J'écris beaucoup et je lis toujours autant. J'ai retrouvé la Sylvie Testud de mes vacances alpines. Elle est parmi les seules à me faire rire les derniers temps. Je ne dis pas "sourire", je dis bien "rire". Un rire de lecture, voilà un moment exceptionnel !

Puis je mincis, encore. Je ne pensais pas que ce serait aussi efficace sur mon mental. Voilà quelques mois que je ne me sentais vraiment plus à l'aise. Je n'avais jamais eu le courage de faire des efforts, donnant trop d'importance à la place de la nourriture dans ma vie. : une récompense, une douceur, un plaisir... J'aime tant cuisiner et manger ! Puis finalement, c'est facile et très positif comme expérience. Je mange moins et mieux. Je me fais toujours plaisir en cuisinant. Et je me sens vraiment mieux dans ma peau. Mon objectif est de "récupérer" ma silhouette d'il y a quelques années, celle qui me permettait de mettre ce levi's que je garde dans mon placard depuis, comme un défi personnel. Je me réjouis à l'idée de courir de nouveau, d'aller à la piscine et de retrouver cette satisfaction et ces ondes positives...

tomates_cerise

Et le petit jardin de balcon est plus beau que jamais, même sous la pluie....


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vendredi 5 septembre 2008

See you soon...


Encore un sourire...

  • J'ai retrouvé quelques classes, j'en ai découvert d'autres. J'ai attaqué sur les chapeaux de roues, avec une progression béton, avec des consignes de la mort (tu dors = tu sors, pour l'exemple !) et avec tout plein de projets sur l'année et même que cette fois-ci, je vais tenter les sorties culturelles !
  • Merveilleux concert de Coldplay lundi soir au Zénith de Strasbourg : le groupe a fait un show exceptionnel, des papillons, des images, des couleurs, de l'acoustique
  • J'ai perdu plus de deux kilos, juste en arrêtant les conneries goinfrées pendant toutes les vacances. Je me sens mieux dans mes pompes, enfin surtout dans mes jeans en fait ! On mange surtout des fruits et des légumes. D'ailleurs il y a marché ce matin sur la place en-bas de chez nous et je vais aller faire un stock (notamment les quetsches, très chères cette année, mais j'adore !)
  • Ma petite sœur a finalement récupéré des classes : une de ses collègues a réalisé que de toute façon elle passerait son temps à rectifier le tir derrière ma sœur, donc elle a accepté de prendre une partie de son emploi du temps.
  • Retrouvailles en famille prévues dimanche. Voilà plus de deux mois qu'on s'est pas vus tous ensemble.
  • Notre appartement est plus douillet que jamais, il a subi quelques transformations cet été et je me suis mise ces derniers jours à un sérieux tri de mes affaires (vêtements, paperasses...) histoire de faire de la place dans les placards. J'ai du mal à croire que cet hiver, ça fait deux ans qu'on y vit.
  • Mon petit jardin de balcon tiendra jusqu'à l'automne : les tomates sont magnifiques, une aubergine m'attend toujours et j'ai trois poivrons qui sont en train de rougir, malgré ce temps de chien.
  • Je lis encore et encore. Du bon et du moins bon, me plongeant dans des univers si différents, à la découverte des mots de personnes qui savent jongler pour faire d'une phrase une évidence qui nous arrête à la fin de la ligne.

Et quelques grimaces... 

  • Première semaine de l'année grise et humide : je me suis fait saucer deux fois jusqu'à l'os. Difficile de faire tenir un courant de motivation pour les dix mois à venir dans ces conditions là. J'attaque le sérieux la semaine prochaine avec une trentaine d'heures de cours sur quatre jours. J'aimerais tellement que l'automne ne s'installe pas si vite !
  • En voulant faire un petit détour pour aller voir ce que devenait notre ex-jardin, j'ai raclé tout l'avant gauche de ma voiture contre un mur. Première fois que ça m'arrive : en dix ans de permis, j'ai eu un seul accident non responsable et ma voiture était partie à la casse. Je me suis dit, "c'est pas grave, je suis assurée!". Au téléphone on m'apprend que j'ai 300 euros de franchise. Je voulais vendre ma voiture avant mi-septembre (d'ailleurs si ça intéresse quelqu'un une 307, sans rayure à l'avant !), va falloir faire vite...
  • J'ai plus une thune ! Vacataire depuis deux ans, je fais mes calculs pour tenir mes deux mois d'été sans aucune rentrée d'argent. Faut croire que cette année, j'ai très mal calculé car, malgré un remboursement des impôts je suis à la cave ! Et les 300 euros suggérés plus haut ne vont pas arranger mes affaires.
  • J'étais chez la dermato hier, elle m'a trouvé plein de maladies de peau aux noms douteux qui se soignent avec des pommades et des médicaments aux noms encore plus douteux.
  • Rêvé de Martinique cette nuit : réveil froid et trop réel.
  • Lucius tire la gueule : avec ce temps, il passe ses journées à l'intérieur et je vois bien que nos longues balades estivales lui manquent déjà...
  • Voilà trois fois que je me rends à la mairie pour faire refaire mon passeport, il me manque à chaque fois une pièce différente. Quand on a pas de tête, on a des jambes.
  • Ce blog fonctionne au ralenti, depuis des mois, pas d'écho, pas de pertinence. Ailleurs, les mots prennent de leur sens et trouvent des oreilles et des yeux. Questions sans réponses pour le moment. Écriture égoïste. J'ai fait l'erreur hier soir, alors que je lisais un mauvais livre, de le poser pour prendre un des cahiers grands carreaux posés sur une étagère.  J'ai retrouvé l'écriture d'il y a plus de cinq ans. Des lettres fluides et régulières sur le papier, des mots sans concession qui ne cherchent pas de lecteurs. Je pensais y trouver la fadeur de plaintes puériles et répétitives, j'y ai surtout trouvé de la précision et le rendu objectif d'époques particulières de ma vie...Bien entendu, ici, je continue, mais ce n'est plus pareil...

sur_un_banc

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lundi 1 septembre 2008

Fragile.

Cette nuit, le ciel est tombé sur notre toit, en gros grondements colériques et en menaces lumineuses. J'ai observé tout cela sous ma couette, bien blottie, à l'abri. Ce matin au réveil, mon balcon-jardin est lavé de toute la poussière des jours trop chauds, les plantes rayonnent et ça sent la rentrée...

Aujourd'hui justement, c'est la pré-rentrée de ceux qui suivent le calendrier de l'éducation nationale. Naturellement, j'ai le cœur un peu serré pour ma petite sœur qui se jette dans l'arène, dans l'inconnu parce qu'on la pousse violemment dans le dos. On la pousse à la faute, à se retrouver à mal faire son travail. C'est normal, ce n'est pas son travail. Et si elle n'y va pas, elle perd le bénéfice de son concours. Je repense à toutes ces fêtes de fins d'années auxquelles j'ai assisté : elle, resplendissante, les enfants, épanouis, le résultat d'une année de complicité, de progression, de courage, de travail. On lui enlève ça et on l'enferme dans un bureau, elle qui s'est battue pour en arriver là, qui n'a jamais moufté malgré les incohérences des décisions du rectorat. Je suis avec elle par la pensée depuis mon réveil.

De mon côté, je profite du temps qui ne m'est pas encore compté, je passe des heures à lire, à ronronner sous la couette. Pas de mauvaise conscience, je sais que c'est du luxe par rapport à ce qui va suivre : les journées chronométrées, les courses effrénées avec le temps et ses ruses sournoises. Je passe en ce moment du temps avec La Part de l'autre d'Éric Emmanuel Schmitt que je suis en train de finir, histoires torturées et parallèles, écriture fluide et évidente. Une pile de livres m'attend sagement sur ma table de chevet et je compte bien poursuivre cet élan estival qui m'a précipitée dans des univers nouveaux et surprenants... J'ai redécouvert cet été l'art de prendre mon temps, de ne plus le compter, de ne plus lui courir après. Le fait de ne plus avoir le jardin à joué en ma faveur, plus de culpabilité parce que ce qui est à faire n'est pas fait. J'avais les années passées ce besoin de "rentabiliser" mon été et je courais toujours après autre chose, envie de nouveauté, d'activités, de cumul, comme pour créer un album de souvenirs qui me permettait d'attaquer au mieux les mois gris. Tout cela pour arriver à la rentrée essoufflée. Et de toute façon, j'ai décidé que cette année, j'avais le temps ! Fini les bonnes résolutions en pagaille qui nous obligent au final à galoper et nous collent mauvaise conscience quand on les tient pas.  Elles viendront spontanément. Cette année, je respire !

On commence dès ce soir : nous retrouvons Coldplay. Quatrième concert pour moi. C'est comme de retrouver des bons copains, rien n'a été prévu, on est une bonne bande à se retrouver sur place, réjouissance !

gramines

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