lundi 1 septembre 2008

Fragile.

Cette nuit, le ciel est tombé sur notre toit, en gros grondements colériques et en menaces lumineuses. J'ai observé tout cela sous ma couette, bien blottie, à l'abri. Ce matin au réveil, mon balcon-jardin est lavé de toute la poussière des jours trop chauds, les plantes rayonnent et ça sent la rentrée...

Aujourd'hui justement, c'est la pré-rentrée de ceux qui suivent le calendrier de l'éducation nationale. Naturellement, j'ai le cœur un peu serré pour ma petite sœur qui se jette dans l'arène, dans l'inconnu parce qu'on la pousse violemment dans le dos. On la pousse à la faute, à se retrouver à mal faire son travail. C'est normal, ce n'est pas son travail. Et si elle n'y va pas, elle perd le bénéfice de son concours. Je repense à toutes ces fêtes de fins d'années auxquelles j'ai assisté : elle, resplendissante, les enfants, épanouis, le résultat d'une année de complicité, de progression, de courage, de travail. On lui enlève ça et on l'enferme dans un bureau, elle qui s'est battue pour en arriver là, qui n'a jamais moufté malgré les incohérences des décisions du rectorat. Je suis avec elle par la pensée depuis mon réveil.

De mon côté, je profite du temps qui ne m'est pas encore compté, je passe des heures à lire, à ronronner sous la couette. Pas de mauvaise conscience, je sais que c'est du luxe par rapport à ce qui va suivre : les journées chronométrées, les courses effrénées avec le temps et ses ruses sournoises. Je passe en ce moment du temps avec La Part de l'autre d'Éric Emmanuel Schmitt que je suis en train de finir, histoires torturées et parallèles, écriture fluide et évidente. Une pile de livres m'attend sagement sur ma table de chevet et je compte bien poursuivre cet élan estival qui m'a précipitée dans des univers nouveaux et surprenants... J'ai redécouvert cet été l'art de prendre mon temps, de ne plus le compter, de ne plus lui courir après. Le fait de ne plus avoir le jardin à joué en ma faveur, plus de culpabilité parce que ce qui est à faire n'est pas fait. J'avais les années passées ce besoin de "rentabiliser" mon été et je courais toujours après autre chose, envie de nouveauté, d'activités, de cumul, comme pour créer un album de souvenirs qui me permettait d'attaquer au mieux les mois gris. Tout cela pour arriver à la rentrée essoufflée. Et de toute façon, j'ai décidé que cette année, j'avais le temps ! Fini les bonnes résolutions en pagaille qui nous obligent au final à galoper et nous collent mauvaise conscience quand on les tient pas.  Elles viendront spontanément. Cette année, je respire !

On commence dès ce soir : nous retrouvons Coldplay. Quatrième concert pour moi. C'est comme de retrouver des bons copains, rien n'a été prévu, on est une bonne bande à se retrouver sur place, réjouissance !

gramines

Posté par Diane Groseille à 09:59 - - Commentaires [4] - Permalien [#]