dimanche 31 août 2008

Allez, viens, j't'emmene au vent !

Vous l'avez peut-être déjà vu,
mais si ce n'est pas le cas,
petit morceau de bonheur
à regarder en entier s'il vous plait...


Where the Hell is Matt? (2008)
envoyé par BriKO

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samedi 30 août 2008

Foutage de gueule.

Je vais la faire courte : ma sœur est institutrice (il faut dire professeur des écoles, je sais). Elle travaille depuis quatre ans maintenant. Pour cela, elle a bien entendu passer un concours qui lui a demandé un certain niveau d'étude (bac+3) suivi de deux années d'apprentissage dans une autre ville que la sienne. Elle s'est retrouvée entre ces deux années sur ce que l'on appelle une liste complémentaire et on l'a envoyée enseigner (sans avoir obtenu son concours et sans aucune expérience) dans un des villages les plus hauts de notre belle région, à plus de quatre-vingts kilomètres de chez elle, qu'il pleuve, qu'il neige, ou qu'il grêle. Elle a obtenu l'année suivante son concours et on lui a confié un poste à l'autre bout de la région, à cent vingt kilomètres de chez elle. N'étant nommée sur ce poste que pour un an, elle refuse de lâcher son appartement. Elle y passe finalement deux ans, pour être ensuite mutée (sans l'avoir souhaité bien sur) encore plus loin. Elle se décide à abandonner sa vie de citadine, à contre-coeur, pour aller s'installer dans un petit village voisin. Elle atterrit alors dans une école où ses collègues, en bons fonctionnaires, se contentent du minimum : pas moyen de mettre en place un projet qui empiéterait, ne serait-ce que quelques minutes, sur leur temps de repos, donc à seize heures, plus personne.

On en était resté là. Ce n'était que pour un an et il y a ensuite eu toutes ces histoires de mouvements. Elle ne passait qu'au troisième et nous apprenions début juillet via internet qu'il serait reporté fin août faute de temps (ou d'investissement de la part des gens responsables qui ont préféré partir en vacances). Mercredi matin, alors que ma sœur rentrait de deux mois de colo à l'autre bout de la France,  nous avons appris que les fameux résultats seraient encore reportés à vendredi. Nous sommes allées voir une liste des postes disponibles et nous sommes assises sur notre impatience.

Hier, la mauvaise nouvelle est tombée. Coup de téléphone, la soeur en larmes qui parvient à peine à articuler. Elle écope d'un poste de directrice d'une grande école. Pas de classes, pas d'élèves pour elle bien entendu. Rien que de la paperasserie et un bureau dans lequel elle va tourner comme un lion en cage. Est-il utile de préciser qu'elle n'a suivi aucune formation en la matière, qu'elle n'a aucune expérience et que ce n'est pas en deux jours qu'elle va s'improviser directrice ? Pour sans aucun doute se faire taper sur les doigts dès lundi et toute l'année par des collègues qui connaissent l'école depuis des années mais qui n'ont pas voulu du poste. Je passe les détails bien sournois, les réactions inacceptables de ses interlocuteurs qui n'en ont rien à foutre et l'état de déprime avancé dans lequel elle est... Il va falloir être là pour elle cette année.

Et moi, je sais une fois de plus pour quelles raisons je n'ai pas choisi l'éducation nationale !

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Intermède.

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lundi 25 août 2008

Sac d'école et nouveau cahier.

Je me disais que j'aurais le temps. Je me le dis encore d'ailleurs. Mais l'échéance est proche. Demain matin : rentrée des classes. Quelques heures me séparent encore des premiers mots écrasés sur le tableau.

Ce sera avec quelques élèves seulement. Je commence demain matin dans un nouvel établissement de ma ville. Je commence avec deux heures  de cours qui seront hebdomadaires et qui vont filer vite (j'ai l'habitude de tranches de quatre heures) Par contre, c'est un nouveau lieu, il y aura des nouveaux collègues, une nouvelle photocopieuse, de nouvelles habitudes à prendre... Puis demain après-midi, par contre, beaucoup plus sereinement,  je retrouverai mes marques, je vais faire ma troisième rentrée à Mulhouse. Là-bas, je fais presque partie des meubles. Je connais tout le monde y compris les élèves que j'ai déjà eu en première année.

Alors voilà comment se profile l'année : jonglerie entre les deux établissements. On rajoutera la-dessus les cours de théâtre dès octobre. Je garde bien sur mes quelques heures hebdomadaires avec Nicolas (les points ont été mis sur les i avant les vacances car il baissait les bras, je suis curieuse de voir quelle sera son attitude après un mois et demi de vacances). Peut-être quelques autres cours particuliers viendront se greffer dessus, mais je laisse les gens venir à moi, je ne veux pas reproduire le schéma de l'an passé et me retrouver avec des semaines puzzle impossibles à boucler. Il y aura sans doute quelques élèves très satisfaits de l'an passé (notamment de leurs notes au bac français) qui feront appel à moi ponctuellement. Par contre, plus de FLE, j'en ai trop sué avec cette boîte américaine qui me payait après quatre mails de rappel et en dollars s'il vous plait !

Alors on relance la machine. Avec cette certitude que ça ne durera pas comme ça, même si c'est plaisant et très avantageux. La vie de vacataire a ses inconvénients à long terme...  Je regarde en arrière ces quelques semaines de vacances. Depuis notre retour des Alpes, beaucoup de pluie, comme pour nous faciliter l'idée que les vacances s'achèvent. Nous avons malgré tout connu une semaine de bringue avec des amis venus de Grenoble : la collocation, les repas à pas d'heure, les fiestas, les abus... Je sais que mon emploi du temps du mois de septembre est toujours light, les premières années n'arrivent qu'en octobre, j'ai donc encore de belles journées devant moi...

aubure_de_loin

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jeudi 21 août 2008

Premier septembre.

Il y a six ans, peut-être même sept : il fait nuit depuis trop longtemps et je suis toujours assise à mon bureau sous les combles de mon loft. C'est ma vie d'avant, je suis étudiante, je travaille mal, je travaille trop et l'urgence me fait plancher sur un exposé que je vais devoir présenter dans quelques heures devant ma classe et mon professeur. Je ne saurais en dire le contenu. Je sais simplement que celui-là, comme les autres aura attendu la dernière minute et je m'en veux. Alors que ma plume recopie et trie les brouillons qui s'envolent, la télé derrière moi diffuse les clips nocturnes de M6 destinés aux insomniaques. Ma douzième tasse de café fume près de moi et les cigarettes ne cessent de s'écraser dans l'énorme cendrier bleu. Puis soudain, ce qui changera une partie de ma vie arrive. Le clip Trouble de Coldplay débute derrière moi...


Coldplay - Trouble
envoyé par SweeTDreaM

Comme envoutée, j'abandonne mon travail, toutes ces feuilles volantes sur mon bureau et je pars, en pilote automatique, m'installer en tailleur le nez devant l'écran. A partir de là, les choses ne sont plus tout à fait les mêmes. Bien entendu, ma vie continue, la solitude après la vie à deux, les soirées en boîte jusqu'à pas d'heure, les petits matins dans les rues fraiches de la ville, les heures de soutien au centre tous les soirs,  mes débuts sur internet, belle découverte dont je me méfie, eux, qui sont trop là, ou peut-être pas assez. Toute une période qui reste gravée, presque parfaite. J'en oublie la dèche, les petits jobs minables, les soirées trop seule sans les amis, à regretter, les réveils difficiles... Mais Coldplay me reste de cette époque là, Parachute et Trouble en particulier, comme l'évidence d'un pas en avant.

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mercredi 20 août 2008

Périple.

Les trop nombreuses photos de nos vacances sont par ici,
enfin traitées et classées....
Ouf, j'en ai de la lumière plein les yeux !

ciel_magique

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Miroir.

Grâce au texte de Stella K,
je fais l'effort de rechercher cette phrase
lancée en voix off par Norah Jones
dans My blueberry Nights de Wong Kar Waï :

“on attend parfois des autres qu'ils servent de miroir,
qu'ils nous cernent, qu'ils nous disent qui on est.
Chaque reflet me réconcilie un peu plus avec moi même.”


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my_blueberry_nights

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mardi 19 août 2008

Comme un clou.

Contexte : il y a plusieurs semaines, séjour dans les Alpes.

Midi. La nuit a été courte. Le trajet vers les vacances nous a demandé des heures de concentration sur la route. On est arrivé tard, et on a dormi une bonne partie de la matinée. Nos hôtes sont là pour nous accueillir. La table en chêne massif de la cuisine est l'occasion du premier contact, du résumé de la veille, de l'ébauche du programme des jours à venir. Nous autour : Neb, son beau-père et moi. Mais pas elle, la mère de Neb. Elle ne peut pas tenir en place. Dès les premières minutes, je la sens anxieuse, nerveuse, ses hanches semblent avoir fondu depuis la dernière fois qu'on l'a vue en mars, elle est tout anguleuse, tout en mouvement, en agitation permanente. Difficile de croiser son regard, elle baisse les yeux. La nourriture s'étale devant nous. Pas grand chose : du pain, du fromage, de la charcuterie, quelques fruits. De quoi attaquer une première après-midi en montagne. Elle tourne autour de nous avec sa nervosité. Elle ouvre le frigo, le referme, le rouvre, en sort des aliments, les observe, les soupèse, en examine le descriptif, la composition, la teneur en matière grasse. Tout cela en débitant nerveusement des questions, sans écouter vraiment les réponses. Je vois bien qu'elle épie chacun de nos gestes, les aliments que l'on pose dans nos assiettes, que l'on découpe, que l'on attrape de la pointe d'un couteau et que l'on met en bouche. Je lis du dégout dans ses yeux, de l'amertume. Elle tourne toujours. Elle ne mangera pas, dit ne pas avoir faim, prétend mal digérer.

Les jours qui suivent, son attitude m'inquiète, les petits travers qui m'ont fait sourire les premiers jours s'accentuent et m'agacent. Elle peut ne pas manger de la journée, plusieurs jours de suite même et malgré son agitation, elle résiste au besoin de s'installer à table avec nous. Les excuses sont toujours les mêmes : aliments qu'elle ne digère pas, trop mangé la veille, autre chose à faire... Elle découpe parfois soigneusement une pomme pour son seul repas de la journée, elle l'épluche parce qu'elle ne digère pas la peau et la mange, en tout petits cubes qu'elle mastique méthodiquement, seule à table, pour se concentrer.

Elle nous exclut très vite de sa normalité, nous trouvant trop gros et inconscients. Elle part tous les jours marcher plusieurs heures en montagne. Nous, nous ne faisons pas assez de sport à son goût et nous allons sans doute encore grossir. Elle feuillète des magazines dans lesquels s'étalent des corps sculptés et retouchés à la palette numérique. Elle juge chacun des aliments que nous ingérons. Je suis triste pour elle. Le grincement de la porte du frigo la fait arriver dans la cuisine au galop, elle panique lorsque nous jugeons poli de faire quelques courses, ne maitrisant soudainement plus le contenu de son frigo/de sa vie. L'ambiance se dégrade. Son mari lui fait remarquer son attitude, qu'il semble accepter quand ça le concerne. Notre présence le fait de toute évidence réfléchir à ce qu'il n'avait peut-être pas vu pour l'avoir sous son nez tous les jours. Plusieurs fois, mon entrée dans une pièce semble interrompre une conversation houleuse. Notre présence qui avait été souhaitée les autres années ne l'est sans doute pas... Nous essayons tant bien que mal de faire abstraction des pics et des regards lourds et nous repartons avec le malaise qu'elle a su nous transmettre et cette inquiétude qui l'accompagne, sans avoir su trouver les mots pour lui parler, pour franchir cet écran de glace qu'elle a imposé entre elle et nous pendant tout le séjour.

Hier, elle appelle Neb, elle s'inquiète des entretiens qu'il doit passer prochainement. Le seul conseil qu'elle trouve à lui donner est de perdre trois ou quatre kilos avant le jour J. Comment est-il possible d'être à ce point à côté de la plaque.

 

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lundi 18 août 2008

Morgan Freeman, fan de radiohead.

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jeudi 7 août 2008

Innocence.

Un été difficile à regarder en face. Du mal à le croire, à chaque fois les questions tournent et restent sans réponses.

Une pierre sur le crâne d'un bébé qui meurt dans les bras de sa mère, un coupable de treize ans dont la vie est foutue. Une fillette grièvement blessée par un arbre tombé sur la tente de sa colonie de vacances, son amie qui dormait à ses côtés ne se réveillera pas. Deux enfants "oubliés" à l'arrière de véhicules en plein soleil, à quelques semaines d'écart. Un petit garçon de onze ans poignardé d'une quarantaine de coups de couteau, sans aucune raison, quelle pourrait-elle être de toute façon ? Un enfant plus loin, sur une plage méditerranéenne, victime d'un attentat alors qu'il jouait à la balle, comme tous les enfants du monde sur toutes les plages du monde. Un peu plus au Nord, un adolescent victime de balles perdues ne deviendra jamais adulte. Et ces gosses et leurs familles qui ont tout perdu dans le passage d'une imprévisible tornade et qui voient aujourd'hui les pelleteuses racler les restes de leurs maisons. Un autre enfant, considéré comme un petit roi, déjà victime de son image et des médias, qui se donne en spectacle dans des arènes, à faire la poupée devant un taureau déchainé. Et plus récemment, un enfant retrouvé mort dans son bain, violemment puni par son papa pour avoir fait pipi au lit.

Pourquoi ? Comment ?

mimi_cracra
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Posté par Diane Groseille à 20:54 - - Commentaires [1] - Permalien [#]