samedi 1 décembre 2007

Banalités.

Encore une semaine difficile qui s'achève. Les angoisses du week-end dernier m'ont laissée fragile et forte à la fois. Elles m'ont coupé les jambes et une fois la tension redescendue, je ne me suis jamais sentie si fatiguée, me laissant tomber de sommeil dès mon retour de cours. Mais les angoisses dissipées ont aussi fait place au souffle, et même les journées grises sont belles. Je retrouve le goût de chaque jour, son illusion d'éternel.

Je suis triste de la disparition de Fred Chichin. Je suis triste de ces gens qui meurent dans le monde et sur lesquels nous fermons les yeux. Je suis triste pour le Bangladesh dont les images ont occupé six secondes de 20 heures, et pour les pluies diluviennes en Algérie. Je suis triste pour ces colères sourdes qui animent les banlieues. Je suis triste de voir la place de l'argent, du pétrole, du pouvoir d'achat. Nous ne sommes plus que des consommateurs. Je suis triste pour les incohérences télévisuelles. Je suis triste que dire ça revienne à pisser dans un violon. Donner de l'argent, encore une fois, comme des consommateurs qui s'achètent une bonne conscience. Je suis triste parce que je préférerais parfois fermer les yeux. Ce qu'on a fait de moi. Et je les garde ouverts, toujours.

Deux jours infinis qui se dessinent devant moi pour respirer. Gouttes de pluie sur les vitres. Chien au chaud dans son panier. Thé dans une tasse jaune. Le temps qui s'arrête... pour quelques heures au moins.

Posté par Diane Groseille à 09:16 - - Commentaires [3] - Permalien [#]