jeudi 4 octobre 2007

Les neiges du Kilimandjaro.


Une Vérité Qui Dérange BA FR
envoyé par PeteRock

J'ai été bouleversée il y a quelques jours par les constats faits par Al Gore dans Une vérité qui dérange. On m'en avait parlé et j'avais attendu pour le voir. Pas vraiment envie, je savais que, oui, ça me dérangerait, comme tout le monde, dans mes habitudes, dans mes responsabilités, dans ma prise de conscience. Comme beaucoup, j'aurais aimé fermer les yeux sur ce qu'on nous y annonce : un réchauffement climatique, la fonte des calottes glacières qui va encore aggraver le réchauffement, une montée des eaux, un dérèglement des saisons, un bouleversement qui va accentuer encore les inégalités, une extinction d'espèces, d'écosystèmes, un avenir noir. Je savais déjà presque tout ce que contenait ce film. Les tableaux, les chiffres et le charismatique Al viennent appuyer ce qu'on sait déjà sans pouvoir réagir. Parce que mon problème est là : comment est-il envisageable suite à un constat de la sorte, de poursuivre une vie normale ? Ce n'est pas une blague, il s'agit bien de notre avenir, pas de science fiction. Comment est-il possible de ne pas se tourner vers des actes quotidiens plus raisonnés, vers une politique qui respecterait le principe de précaution et encouragerait le développement durable. Pourtant, ce n'est pas ce qui se passe.

Je suis à mon échelle déjà prudente : sur mes choix de consommation (produits locaux, minimum d'emballages, commerce équitable s'il faut choisir des produits qui viennent de loin, produits écologiques qui n'ont qu'une incidence réduite sur mon environnement), sur ma façon de me déplacer (voiture propre, et dans la mesure du possible, choix de cours à proximité, vélo et marche pour les petits trajets), sur mes habitudes (couper l'eau et l'électricité quand ce n'est pas utile, s'assurer de la bonne isolation de mon appartement, consommer des produits de mon jardin...), sur le respect du monde dans lequel je vis. Je me dis aussi que savoir, c'est agir, donc j'essaye de garder toujours une oreille dressée, j'essaye de comprendre. Je n'ai pas la prétention d'être l'écocitoyen modèle, loin de là, et pourtant, je voudrais l'être. Je voudrais que tout soit possible, que tout soit fait pour que cette machine ignoble qui est en route ralentisse et qu'on minimise ainsi les dégâts. Ce n'est pas du tout ce qui se passe. Les politiques prennent des décisions dérisoires qui font sourire dans un tel contexte, l'argent garde le pouvoir. Et les alter-mondialistes et autres partisans de la décroissance comme Serge Latouche qui proposent des solutions plus réalistes et efficaces à mes yeux ne sont pas entendus, voire jugés comme des soixanthuitards sur le retour, dangeureux parce qu'ils touchent à nos privilèges, à nos acquis. Leurs propositions sont considérées utopiques et je pense qu'ils sont les seuls à tenir une solution. Alors, où va-t-on ?

J'imagine un futur à long terme où les privilèges que nous considérons comme des richesses ne représenteront plus rien. Les inégalités seront creusées encore davantage mais elles toucheront encore plus directement nos besoins vitaux. J'imagine de la panique, de l'égoïsme, de la tristesse, de la peur. Des regrets aussi. De ne pas avoir écouté et réagi plus tôt. J'ai peur.

Posté par Diane Groseille à 13:26 - - Commentaires [6] - Permalien [#]