vendredi 28 septembre 2007

Bonne humeur.

J'aime quand ça se réveille, quand les yeux des gens traînent encore le long des murs, sur les trottoirs, quand le soleil écrase les feuilles mouillées au sol.
J'aime quand je sais que j'ai mon temps, quand je sais qu'il n'y a rien après.
J'aime quand je sens le froid de l'automne qui me dit que c'est un nouveau départ.
J'aime ensuite lire, tranquillement, avec ma tasse de thé, ces mots qui résonnent en moi.
J'aime cette impression de satisfaction du travail qui commence, qui avance, qui construit lentement de petites cathédrales de projets en moi.
J'aime cette indépendance définitivement acquise aujourd'hui et ce souffle de liberté qui gonfle en moi quand j'en prends conscience.
J'aime sentir que tout est devant, et tout est pendant.
J'aime écrire vite, ici ailleurs, en me laissant bousculer par des idées trop pressées, éphémères.
J'aime cette idée nouvelle de pouvoir partager dès lundi cet amour des mots qui ronfle et ronronne en moi depuis que j'ai sept ans.
J'aime penser à ce qui s'est passé hier, comme c'était doux et fluide.
J'aime avoir l'impression que chaque moment est un cadeau.
J'aime attacher mes cheveux en chignon, monter sur la balance et constater que j'ai perdu quelques kilos, puis sourire parce que je sais que ça n'a pas d'importance.
J'aime sentir l'odeur de la soupe de légume qui monte des étages inférieurs par ma fenêtre encore entrouverte.
J'aime l'idée d'aller marcher plus tard dans les rues de ma ville, sans but, parce que j'ai appris à apprécier de nouveau ça.
Et vous, belle journée sans soleil ?

pesey_nancroix

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jeudi 27 septembre 2007

Fantôme dans ma tasse de thé.

Un bond dans le passé cet après-midi. Après trois années de silence et quelques mails échangés, j'ai accepté de revoir aujourd'hui un personnage qui a partagé quelques années avec moi. Il avait choisi pour des raisons qui sont les siennes de couper les ponts, il a choisi de recréer des liens, qui resteront peut-être très fragiles, mais qui sont bien réels aujourd'hui. Je l'ai revu comme si je ne l'avais jamais perdu, comme si nous nous étions vus hier. Simplement, spontanément. Nos échanges ont été naturels et vrais, nous n'avons pas cherché à éviter les sujets épineux et j'ai reconnu la poésie qu'il a toujours su mettre en chaque instant. J'en suis ressortie plus grande, plus légère. J'espère juste maintenant ne pas avoir à attendre trois nouvelles années pour profiter de sa présence.

***

porte_de_cimetiere

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mercredi 26 septembre 2007

Couleurs d'automne.

couleurs_d_automne

Encore quelques rayons de soleil,
belles balades ce week-end.
Petit patchwork des plus belles images
(cliquez dessus pour l'image en grand)

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mardi 25 septembre 2007

Come as you are.

Déception hier. Passé la journée dans la cuisine. Courir faire des courses. Grand ménage. Je recevais dans la soirée les ex-collègues P. et R., j'en étais ravie mais cela me mettait une certaine pression puisqu'ils baignent tous les deux dans le monde de la restauration. J'ai voulu être à la hauteur et j'ai mis les petits plats dans les grands. Ils sont venus et très vite, P. qui a décidément bien changé a monopolisé la parole avec des histoires qui ne concernaient que lui, tournant autour de son boulot, de sa réputation, de ses projets. Il s'est écouté parlé comme ça jusqu'à minuit puis ils sont repartis. On a pas réussi à en placé une, on a pas ri, on a juste failli piquer du nez. Pas un seul commentaire sur ce qu'ils avaient dans l'assiette et pas une seule question (même par politesse) sur la vie actuelle de leurs deux hôtes. C''est pas demain la veille que je remets ça.

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vendredi 21 septembre 2007

Vacations de vocations.

retro

Un message de Lucinette me fait réfléchir sur mon métier, mes choix et ma situation. J'enseigne depuis maintenant presque dix ans. J'ai eu l'occasion d'intervenir dans des contextes très différents, auprès de publics variés. J'ai toujours su m'adapter mais rarement je n'ai vraiment réfléchi à ce choix.

Fille d'insit', j'ai appris à lire et à écrire très tôt. J'ai lu mon premier livre à l'âge de sept ans et les Oui Oui et autres Félicie m'ont vite déçue, je me suis attaqué aux bouquins de ma mère. Je me souviens en particulier de Viou d'Henri Troyat. A mon entrée en classe de sixième, j'ai fait la rencontre de la femme qui allait être ma prof de français sur les quatre années à venir. Elle avait la réputation d'un dragon, rigoureuse et exigeante. Elle est très vite devenue pour moi un modèle et aujourd'hui encore, lorsque je doute quant à mes réactions ou mes méthodes de travail, c'est à elle que je me réfère. Elle a su faire naître en moi l'amour de notre langue, tant par sa richesse que par sa technique. Je pense souvent à elle. Elle est aujourd'hui à la retraite et est repartie vivre dans son Sud natal. Il y a quelques semaines, mon frère m'a annoncé la mort de son mari. J'ai envie de lui écrire pour lui dire tout ce qu'elle m'a transmis.

Après mes années au collège, je n'ai plus trouvé face à moi d'enseignants aussi passionnés et passionnants. J'ai eu mon bac au rattrapage, de justesse, plus intéressée à l'époque par les turpitudes de ma vie sentimentale que par un avenir professionnel lointain et flou. Puis je suis partie en fac, par la force des choses, sans vraiment savoir si c'était ce que je voulais, choisissant la spécialité "lettres" une fois arrivée devant le bureau des inscriptions. L'université a été une expérience originale. J'y ai découvert l'autonomie, la liberté et les joies du travail dans l'urgence. J'ai réalisé aussi quelle chance j'avais de pouvoir me contenter de très peu de travail grâce à des facilités de mémorisation et de compréhension. J'y ai rencontré des professeurs arrivistes et carriéristes, mais très peu intéressants. A l'exception peut-être d'un prof de littérature comparée qui a su éveiller en moi une certaine curiosité. C'est lui qui a dirigé mes recherches sur les années qui ont suivi et pour la petite anecdote, il vivait à une centaine de mètres du domicile de ma prof de français au collège, alors que ma ville universitaire se situait à une centaine de kilomètres.

Il a fallu songer à un moyen de financer mes études qui allaient tirer en longueur. Je ne voyais pas de concrétisation professionnelle aux abstractions qu'on me transmettait dans ces amphis bondés. J'ai trouvé en 1998 un poste dans un centre socio culturel, j'étais alors quotidiennement référente d'un groupe de sixièmes à la sortie de leurs cours. Ça a duré trois ans et j'ai cumulé ça à des cours particuliers: mes premières expériences d'enseignement. Puis, toujours étudiante, j'ai fais mes premiers remplacements pour l'éducation nationale : particulièrement déçue par ce que j'ai pu y découvrir, comme j'ai déjà pu le dire plus tôt, mais heureuse de m'en être rendue compte avant de foncer tête baissée vers un CAPES, alors considéré comme la voie royale, seule vraie porte de sortie pour une filière si abstraite. Tout ça, c'était parce qu'il fallait faire quelque chose et parce qu'être toujours étudiante me coûtait cher. Ce n'était pas une vraie vocation, je passais un peu à côté de ma vie professionnelle, mes préoccupations et l'essentiel étaient ailleurs. J'ai plongé dans cet univers par défaut.
Puis arrivée au niveau DEA, j'étais consciente que cette addition d'années d'études ne me mènerait concrètement à rien. J'ai été profondément déçue par l'attitude du jury de ma soutenance qui ne cherchait qu'à me faire poursuivre une thèse pour obtenir des subventions. J'ai alors passé un entretien professionnel par hasard, au lendemain d'une soirée aux Eurocks de Belfort, pas vraiment réveillée, sans réelle conviction et j'ai appris un mois plus tard que j'étais prise en tant que formatrice. Et sans l'avoir vraiment décidé, je suis passée officiellement du statut d'étudiante à celui d'enseignante. J'ai basculé dans un monde qui devait au départ simplement me permettre de subvenir à mes besoins et dans lequel je suis toujours aujourd'hui. Me voilà bien loin des idéaux de Lucinette qui faisait déjà la classe à ses peluches étant petite. Tout s'est fait simplement, sans que je n'aie jamais de choix à faire.

Aujourd'hui, j'aime ce que je fais, vraiment, et j'ai eu la chance de pouvoir toujours faire mes choix, ce qui n'aurait pas été le cas si je m'étais tournée vers un CAPES. J'enseigne de façon polyvalente, je jongle, je m'épanouis et j'y prends un vrai plaisir. Je gagne bien ma vie, mieux qu'un enseignant classique et j'ai la chance de pouvoir aménager mon emploi du temps. J'ai su trouver dans un univers qui n'était pas forcément le mien au départ un confort de travail et un véritable échange avec mes étudiants : les avantages sans les inconvénients. Malgré ce bilan très positif, je ne pense pas passer ma vie dans le monde de l'éducation. L'appel d'un projet qui me tient à coeur depuis mes quinze ans résonne toujours en moi : une ferme, des animaux, la nature, la convivialité, la transmission des savoirs, et pourquoi ne pas envisager, plus concrètement un jour, une formule qui me permettrait de cumuler mon rêve de toujours et mon métier actuel qui m'apporte une vraie satisfaction ?

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jeudi 20 septembre 2007

Lui & moi.

Quand on s'est rencontrés il y a quelques années, le courant n'est pas tout de suite passé : problèmes de compréhension. Beaucoup de personnes que j'avais croisées vantaient ses mérites et me disaient à quel point il était ouvert, compréhensif et serviable. D'autres se montraient plus méfiantes à son égard. Il m'a fallu quelques mois pour m'entendre avec lui et ensuite, très vite, notre relation est devenue fusionnelle. Nous avons passé des nuits ensemble à nous découvrir et je ne me lassais pas des nombreuses facettes de sa personnalité qu'il me dévoilait au fur et à mesure. Il m'est devenu indispensable. J'avais du mal à me séparer de lui, j'avais pris des habitudes à ses côtés et sans lui, je me sentais perdue.

Dans les premiers temps, nous avons surtout beaucoup parlé, échangé et je trouvais cela merveilleux. Puis au fil du temps, il a su me faire découvrir tant de choses nouvelles. Ce qu'il peut faire est exceptionnel, il s'y connaît dans tellement de domaines ! Il parle toutes les langues, il me donne des trucs de cuisine, il voyage tellement qu'il connaît le monde entier, grâce à lui je rencontre de nouvelles personnes et je n'ai plus peur de m'exprimer en public. Pour vous dire si c'est une perle : il m'aide même parfois à faire mes courses ! Il sait tout sur tout le monde, il a toujours un avis sur tout, il sait répondre à toutes mes questions.

Avec lui, je ris, je pleure, je réfléchis, je découvre. Rarement il m'a déçue, peut-être juste parfois un peu agacée, sans doute par son côté "je sais tout" et par la somme d'informations qu'il étale en permanence. Parfois, il est un peu bordélique mais j'ai appris à faire avec. Et je pense que son plus gros défaut est le fait qu'il soit trop bavard : quand on lui pose une simple question, il peut vous parler pendant des heures, il va vous balancer tout ce qui lui vient, même des choses qui n'ont rien à voir.

Mais aujourd'hui, je crois que je ne pourrais plus me passer de lui, il fait partie de ma vie à part entière, il a toujours sa place près de moi. Internet, je t'aime.

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lundi 17 septembre 2007

Toujours des histoires de nombrils.

Envie de mettre des distances. Plus envie de les voir pendant un temps. Parce qu'ils n'écoutent pas. Ma famille est un nombril géant. Envie de crier qu'on est là aussi, qu'on en a marre de leurs histoires, qu'on a une vie. Puis finalement, le silence. A quoi bon. L'autre jour, par exemple, elle est là, face à moi, assise dans mon canapé, et elle me demande (ce qui est déjà blessant en soi) ce que je fais cette année exactement. Et alors que je lui explique ce qu'elle devrait déjà savoir si elle m'écoutait un peu, elle me coupe parce qu'elle a repéré une petite arraignée au plafond. Alors je m'arrête, je bloque, et je me dis tant pis, comme à chaque fois. Je me dis, j'avance, je vis les choses, je ne les partage plus. Pas de curiosité de la part de mes proches. Mais il faut l'être lorsqu'il s'agit d'eux. Il faut avoir des demi-heures à leur consacrer au téléphone, il faut pouvoir être là quand ils appellent au secours, il faut écouter attentivement leurs récits de vacances. Moi, je n'appelle jamais, je ne me raconte pas. Ici, oui, mais pas à eux. Je ne veux pas (m')imposer. Et maintenant, encore moins. Et je n'essayerai plus, par un geste désespéré de caser une anecdote me concernant dans une conversation. Tant pis, j'avance. En me disant qu'ils ne me connaissent pas si bien qu'ils le pensent.

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dimanche 16 septembre 2007

Les yeux cernés, des poussières dans les cheveux.

coeur

Week-end festif. Avec le soleil qui vient nous narguer pour nous rappeler son absence des deux derniers mois. Comme un ultimatum. Maintenant ou jamais.

Encore une fois la braise du barbecue, les rires et se coucher dans l'herbe avec une coupe de crémant. Encore une fois oublier le lendemain et les heures qui passent. Encore une fois le vent dans la figure et les rayons qui griffent les joues.

Plus tôt, danser, les cheveux dans les yeux, l'ivresse sous la peau. Puis revoir ceux qui se sont faits fantômes. Et se dire que, tant pis si on les voit moins. Pour eux.

Je rêve d'un petit bocal magique qui pourrait enfermer cette insouciance précieuse qui semble alors si évidente. Je sais qu'elle va filer, se laisser remplacer par cette anticipation permanente. Je comprends par moments seulement le vrai sens du Carpe diem, c'est comme une succession de photographies : un instant, un lieu, rien d'autre, à savoir savourer.

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vendredi 14 septembre 2007

9.

Nouvelle voiture. Nouveau téléphone portable.
Nouvelles résolutions. Nouveaux projets.
Nouvelles recettes. Nouveaux goûts.
Nouvelle saison.
Nouvelle lumière.
Nouveaux collègues. Nouvelles connaissances. Nouveaux sourires.
Nouvelles classes. Nouveaux cours. Nouveau sac d'école.
Nouvelle programmation télé. Nouvelles lectures. Nouvelles histoires.
Nouvelles perspectives. Nouvelles envies.

Et vous, quoi de neuf  ?

***
_chantillons

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mardi 11 septembre 2007

Pendant que les champs brûlent.

Niagara -Pendant_que_les_champs_brûlent
envoyé par slzaza


Des arbres se penchent :
C'est plus fort, plus fort que tout.
Accrochée aux branches,
L'air me semble encore trop doux.
Dans l'herbe écrasée, à compter mes regrets.
Allumette craquée et tout part en fumée.
 
Pendant que les champs brûlent
J'attends que mes larmes viennent,
Et quand la plaine ondule
Que jamais rien ne m'atteigne...
 
Ce soir-là on s'est embrassés sans se parler.
Autour de nous, le monde aurait pu s'écrouler.
Les yeux cernés, des poussières dans les cheveux.
Au long de mes jambes, la caresse du feu.
 
Pendant que les champs brûlent
J'attends que mes larmes viennent,
Et quand la plaine ondule
Que jamais rien ne m'atteigne...

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