samedi 30 juin 2007

Surprises.

Il y a des moments importants : un entretien d'embauche, une décision qui change une vie, un oui, un non, une rencontre, des premières fois, des larmes pour une rupture, une faille.

Puis il y a des moments privilégiés, qu'on est les seuls à pouvoir savourer, à comprendre vraiment. M'asseoir sur le balcon encore chaud du soleil de la journée et prendre Lucius tout contre moi. Cueillir une framboise et l'écraser sur la langue, la laisser fondre. Récolter les premières tomates (quelque chose d'un peu magique). Avoir des nouvelles d'un ami dont la trace s'était effacée avec le temps (même si c'est pour le savoir loin). Voir arriver un mois creux et si plein, et peut-être plus. Se laisser tomber après le repas de midi sur le lit et laisser le sommeil venir me prendre. Me laisser baigner de la voix de Thom, hier, aujourd'hui, demain. Un regard, pour dire, oui j'existe. Ma balance le matin qui me dit, ce n'est pas une blague, cinq kilos en moins. Une fête de l'école, des enfants qui dansent, qui chantent, qui vivent des moments importants. Écrire, toujours.

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jeudi 28 juin 2007

Respire !

Cette nuit, encore une histoire de souffle. Petit corps de Lu sous l'eau. Inanimé. Dur comme de la pierre. Quelque part en bord de mer. Je vois sous les vagues la forme de son corps. Chaleur et peau dorée, des gens qui s'amusent autour de moi, euphorie, déjà-vu. Il a fallu que je le sorte seule, que je frappe son petit corps de chien blanc pour qu'il revienne à lui. Je ne te laisserais pas partir. Pas toi.

carrelage


Les rêves du petit matin sont souvent trop teintés de réalité et ils gardent un pied dans toute votre journée.

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mercredi 27 juin 2007

Souffle.

                Réveil à cinq heures, comme le coup de feu du départ d'une course, comme ouvrir les yeux sans les avoir vraiment fermés, une seconde, une heure. Parce trop de choses encore à faire avant que le jour ne commence. Ce soir, je reprends enfin mon souffle. Ce n'est qu'une pause, la main sur la hanche, un peu pliée en avant à cause de l'effort, juste un point de côté, mais je vois le bout. Plus tout à fait moi-même, locataire d'un corps en pleine vitesse, j'ai dû me laisser sur le bord de la route. Et Diane Groseille avec moi... avec elle. J'ai oublié.

Cet après-midi, rendez-vous avec un auteur dont j'ai corrigé le roman. Particuliérement enrichissant. Lui plus que son roman. J'ai eu du mal avec son livre. Et plus encore avec les mots pour le lui dire aujourd'hui. Ne pas blesser, cruel couperet qui vient sanctionner des années de travail. On en est venus à parler du souffle, cette force : il n'a pas les mêmes mots pour le dire, mais il n'y a pas de mots pour le dire. Echange à la fois constructif et perturbant. Ebranlement des certitudes. Confrontations des perceptions. Je suis satisfaite de cette expérience particulière qui m'a beacoup apporté. Je suis fière aussi de ce que j'ai pu lui apporter...

mongolfiere_ciel

Puis ce soir, de l'air, un instant.

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mardi 26 juin 2007

En apnée.

Brasse coulée depuis des jours.
Et chaque fois que j'arrive à sortir la tête de l'eau trente secondes, je vois la berge, si proche et si lointaine à la fois.
Un rivage au doux nom de "Vacances"
Faut que je nage plus vite, faut que ça cesse.

Et paradoxalement, je joue avec les mots, avec les virgules, comme autant de petits coquillages au fond de l'eau qui attirent mon attention et freinent mon arrivée sur la plage. J'aime ça, mais je suis fatiguée. Sourire terne sur mon visage. Je joue avec le temps aussi, des secondes comme des grains de sable qui filent par poignées entre mes doigts.
Bientôt la fin.
Bientôt.

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dimanche 24 juin 2007

Milouze.

On nous dit aujourd'hui sur Canal + (et ils ne sont pas les premiers) que l'Alsace grince des dents à la vue de Jean Marie Bockel accédant au gouvernement. Les Guignols parlent d'un député de Moselle. Et pourquoi pas en Allemagne tant qu'on y est ? Ils ne seraient pas les seuls à se planter. Je ne suis pas de cette Alsace. Et je ne suis pas d'accord. Et tant pis pour Arlette que l'on voit dans tous les journaux et qui tire la tronche. Je suis heureuse pour lui, heureuse qu'on ait su reconnaître ses qualités et qu'on lui ait proposé des responsabilités, heureuse qu'il ait su voir en cette proposition une possibilité de faire avancer les choses et non une potentielle trahison. Je crois qu'il n'y a plus rien à trahir. Le PS se trahit tout seul (et je porte pourtant toujours ses idées dans le coeur), il n'a pas besoin qu'on le quitte, ou qu'on "pactise avec l'ennemi". Ségolène, elle-même, ne sait plus ce qu'elle dit ou ce qu'elle a pu dire : "1500 euros brut, mais je n'ai pas dit ça, ce n'est pas possible, je n'y ai jamais cru". Comment avoir encore envie de se battre au sein d'un parti qui semble prêt pour mener bataille contre lui-même. Il ne s'agit pas de se tirer dans les pattes, de critiquer un tel ou son voisin, ou son conjoint, ou mieux encore son ex-conjoint, pour telle ou telle raison. Il ne s'agit même pas de tirer dans les pattes de celui qui est maintenant président d'ailleurs. Il s'agit avant tout de faire avancer les choses, quel que soit le parti, quelle que soit la personne, pourvu qu'il y ait les idées. Navrée si mon discours ce soir a un petit goût de "modem", ce n'était pas forcément le but.

J'ai vécu huit ans à Mulhouse. Les premières années là-bas ont été difficiles : étudiante alors, j'y ai découvert la rudesse de la vie, la vraie valeur de l'argent, la solitude parfois, mais surtout une ville, ses habitants, si différents les uns des autres, hostiles à première vue et finalement si généreux. Mulhouse était alors triste et morne, sa Tour de l'Europe faisait grise mine au coeur d'un centre qu'on désertait et qu'on disait même dangereux, les sorties se faisaient rares, faute d'argent, faute d'envie. Puis au fil du temps, le coeur s'est attaché aux ruelles, à ce que proposait la municipalité, au programme culturel et social. Je me suis fait une place dans cette cité qui m'a liée à elle. Puis je l'ai quitté, en devenant adulte. Études achevées, job dans une autre ville. Aujourd'hui, la ville que j'ai laissée est belle, transformée par l'arrivée d'un tramway, agréable disent même ceux qui y vivent encore. Et le hasard m'a trouvé un poste là-bas en septembre dernier, ce qui me mène dans ses quartiers plusieurs fois la semaine. Alors j'ai toujours eu du respect pour Jean-Marie Bockel. Je ne dis pas qu'il a été seul, je ne dis pas qu'il est parfait (j'ai entendu récemment parler, par exemple, de la suppression des subventions aux postes d'enseignement du FLE à Mulhouse), et encore moins magicien. Je dis simplement qu'aujourd'hui, il a eu raison de préférer l'efficacité (ça reste bien sur à mettre en pratique) à une espèce de fraternité terne qui sonne faux.


11facades_place_reunion
J'ai vécu pendant huit ans dans la deuxième maison en partant de la gauche.
Encore maintenant, lorsque je passe sous ces fenêtres,
je lève le nez, nostalgique,
pour voir s'il y a de la lumière derrière les carreaux.

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Seven.

La luxure : qu'est-ce qui vous fait fantasmer ?
La séduction, l'inachevé, la suggestion, le fait que tout reste à prouver. Dans n'imoporte quel contexte, dans n'imorte quelle situation.

L'orgueil : de quoi êtes-vous la plus fière ?
De ma vie, de ce que je suis en général, du kaléidoscope que j'ai su composer. De mes choix, de mes prises de risques, de mes convictions. Peut-être plus en particulier de mon parcours professionnel, toujours sur le fil, sans filet et tellement excitant. De ne pas avoir céder à la facilité.

La colère : qu'est-ce qui vous met hors de vous ?
Dans l'ordre. La mauvaise foi. La lacheté. La suffisance. Et ces gens aigris qui attendent parce qu'ils pensent que tout leur est dû.

La gourmandise : quels sont vos plats préférés ?
La blanquette de veau de ma maman sur la première marche du podium. Et en régle générale, je ne pourrais me nourrir que de fruits.

L'avarice : cigale ou fourmi ?
Cigale, depuis toujours, mais jamais La Fontaine n'est venu me tirer les oreilles, et jamais je n'ai dû aller me plaindre chez cette prétentieuse de fourmi. Je me souviens de grosses galères étant étudiante, mais depuis tout va bien.


L'envie : qu'est-ce qui vous rend jalouse ?
Le courage de certains, celui que je n'ai pas, celui de tout plaquer pour partir au bout du monde par exemple.

La paresse : comment aimez-vous vous relaxer ?
Dormir, lire, regarder la télé, entrer dans des fictions et oublier la réalité
, oublier le temps qui passe.

vigne_ble_coquelicots

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samedi 23 juin 2007

Lui.


Thom yorke radiohead
envoyé par tchicha75

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jeudi 21 juin 2007

Rentabiliser une matinée

  • Promener le chien sous un pluie battante et se marrer de le voir raser les murs pour éviter les gouttes.
  • Faire un pain à l'italienne
  • Corriger trois paquets de copies.
  • Prendre une douche fraîche
  • Faire tourner deux machines
  • Laisser un message ici
  • Passer le balai
  • Regarder la pluie et les éclairs au dehors
  • Faire une tarte aux brocolis pour midi
  • Préparer les cours de cet après-midi
  • Regarder un épisode de Beverly Hills
  • Boire deux tasses de thé vert Orient
  • Arroser mes plantes qui ont déjà été saucées cette nuit
  • ...

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mardi 19 juin 2007

Mon problème avec les mariages.

  • Les distances : faut toujours que ça se passe à Pétaouchnock, en pleine brousse et y'a toujours une conne qui doit pas boire parce qu'il faut prendre la route.
  • Les tenues plouploum tralala*, où la jupe est trop serrée, elle remonte quand on s'assied et on se caille les miches quand vient la nuit.
  • L'air coincé des mariés qui doivent prendre la pose toutes les trente secondes, parce que, vive la technologie, maintenant tous les convives ont un appareil photo et ils veulent tous leur petite part du rêve sur leur carte mémoire.
  • La longueur du repas : attendre deux heures et demi pour que n'arrive la première coupette de cocktail à 19 heures, puis voir le repas se prolonger jusqu'à trois heures du matin (je n'ai pas goûté au dessert, j'étais déjà à l'horizontale)
  • Ce côté si conventionnel et kitsch qui me dépasse omplètement.
  • La question qui me poursuit en permanence : pourquoi ?
  • Faire semblant (sans doute le plus dur)
  • La fille qui vous demande trois fois dans la soirée "et alors tu fais quoi toi maintenant ?". La première fois par politesse, la deuxième fois pour meubler l'attente entre le fromage et le dessert, la troisième fois parce qu'elle est cuite et qu'elle ne se souvient pas de vous avoir déjà posé deux fois la question.
  • L'oeil ému de toutes les demoiselles qui sont dans la salle, qui attendent le prince charmant et qui regardent chaque détail en se disant qu'un jour, ce sera leur tour.
  • Répondre dix fois dans le week-end à la question "Et vous, c'est pour quand ?", et avec le sourire s'il vous plaît...
J'ai malgré tout apprécié :
  • De voir mon homme en costume.
  • De revoir ses copains que j'apprécie beaucoup.
  • De pouvoir passer ce qu'il restait de la nuit chez les parents de Neb, avec petite tête piquée dans la piscine au réveil.
  • De constater que notre Lu est un très bon chien qui sait se tenir tranquille quand il faut.
  • De profiter de l'air des montagnes.

mariage

*Je repense avec un sourire sadique à cette jeune femme qui a perdu sa bonne humeur de circonstance quand elle s'est penchée à l'apéro vers sa petite filleule et que son pantalon a émis un monstrueux bruit de déchirement. Coup d'oeil circulaire, panique à bord, on se relève et on part en crabe, histoire d'éviter que tout le monde ne profite du spectacle. La demoiselle a passé la soirée en jean.

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Je déclare forfait.

Pour ce matin, pas pu aller bosser. C'est trop, il me fallait une pause. J'ai chopé une récidive de crêve en dormant dans la voiture dans la nuit de samedi à dimanche, à 1400m (je ne rentrerai pas dans les détails du récit de cette cérémonie, parfaitement inutile). Pas été malade tout l'hiver, et là, faut que ça s'incruste. Puis si peu de temps. Les mois de juin sont désespérants. Ils s'étirent et se trainent, et je vois filer les jours les plus longs sans pouvoir en profiter, avec cette mauvaise conscience qui me ronge dès que je me consacre à autre chose. Encore quelque 110 copies d'ici la fin de la semaine, un manuscrit de quelques centaines de pages à lire pour demain, quelques bonnes dizaines d'heures de cours, un conseil de classe, deux paquets de bulletins...

Et ensuite seulement, je pourrais me laisser aller aux joies de mon jardin qui me manque tant et qui se laisse envahir par les mauvaises herbes.

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