Il y a des moments importants : un entretien d'embauche, une décision qui change une vie, un oui, un non, une rencontre, des premières fois, des larmes pour une rupture, une faille.

Puis il y a des moments privilégiés, qu'on est les seuls à pouvoir savourer, à comprendre vraiment. M'asseoir sur le balcon encore chaud du soleil de la journée et prendre Lucius tout contre moi. Cueillir une framboise et l'écraser sur la langue, la laisser fondre. Récolter les premières tomates (quelque chose d'un peu magique). Avoir des nouvelles d'un ami dont la trace s'était effacée avec le temps (même si c'est pour le savoir loin). Voir arriver un mois creux et si plein, et peut-être plus. Se laisser tomber après le repas de midi sur le lit et laisser le sommeil venir me prendre. Me laisser baigner de la voix de Thom, hier, aujourd'hui, demain. Un regard, pour dire, oui j'existe. Ma balance le matin qui me dit, ce n'est pas une blague, cinq kilos en moins. Une fête de l'école, des enfants qui dansent, qui chantent, qui vivent des moments importants. Écrire, toujours.