J'écoutais Lou Doillon hier soir sur Canal + parler de son journal intime, de ses lectures, des écrits que lui ont laissé ses parents, de la valeur des mots. Elle disait aussi que l'on écrit que lorsqu'on est triste, que l'on écrit mieux quand on est triste.

Et je me dis que ces pages virtuelles ici doivent continuer d'exister. J'écris plus ici que ce que je ne notais dans mes carnets. Davantage d'anecdotes, de regards jetés autour de moi. Mais moins d'introspection, moins de détails sur la précision de ma vie, les noms, les dates. Toujours cette peur de me dévoiler. Se savoir lue transforme les mots et les thèmes abordés. Je voulais, il y a trois ans bientôt, à mon arrivée ici, faire de ce blog un "journal". Je trouvais merveilleuse cette formule proposée. Les lecteurs ne faisaient pas peur, ils peuvent juger mais ils sont loin, ils ne me connaissent pas, alors on est libre. Mais je me rends compte que finalement, leurs commentaires, leur simple passage sur mes pages modifie mes mots... On se veut pertinent, on veut le mot juste, celui qui fait sourire, on veut le succès. On veut tout ce que l'on a jamais recherché dans son cahier clairefontaine à grands carreaux qui ne s'adressait qu'à nous. Et pourtant, je m'écris à moi même.

Trois ans bientôt et déjà le sourire et la nostalgie en relisant certaines notes qui sont bien loin de moi. Les débuts avec Neb, certaines décisions qui ont fait prendre des virages à 180 °, les souvenirs de Whawha, les coups de gueules, les coups de fatigue...

fleur_de_paille

Alors on continue à pousser la voix, on reste là et on aligne les mots, la fluidité de la vie, quoi qu'il en soit, même si on se sent toute petite sur cette toile qui recouvre la planète.