Je roule mes cheveux sous mes doigts. Aujourd'hui, du neuf, et en même temps, ça n'avance pas. Des visites qui ne correspondent pas... Ces journées d'été sont comme autant de papillons noirs qui m'échappent. Hier encore, toute la journée des orages qui se succèdent sur nos têtes comme des chagrins trop lourds. L'impression d'attendre. Trop souvent mes journées filent comme la précédente, anonymes, sournoises, la météo est fade et mon canapé se fait trop confortable. Mon homme travaille et ma motivation a déclaré forfait. Je me souviens trop souvent de l'été dernier, les idées fourmillaient et nous avons trotté des semaines durant dans les alpages. Cette année, je suis fatiguée, un peu curieuse de ce qui me pend au nez, mais comme déjà découragée.

Ce soir, des amis, une douce présence imprévue dans mon appartement. Ils mangent, boivent et rient. Puis il est question de sortir, vers onze heures. Je ne veux pas, ça ne m'inspire pas. Sortir, c'est être regardée, et je n'aime décidément pas mon image les derniers temps. Un peu trop ronde (alors que certains me diront maigrichonne), regard fuyant, cachée derrière des méches trop longues qui viennent boucler près de mes yeux. Et je regarde trop justement, trop d'importance accordée à ce que je renvoie. Pourtant, je ne suis pas comme ça. Je n'aime pas ça.

Souvent, en passant près d'une terrasse, des gens qui rient, et je me dis que je rate quelque chose, qu'ils sont bien. Il faudra expliquer ce sentiment. Vouloir être partout à la fois, ne plus savoir profiter de ce qu'on est maintenant. Et celui beaucoup plus profond encore qui court sous ma peau certains soirs, comme un serpent froid... Il faudra...