Dimanche fut une journée magnifique. Nous sommes allés chez mes parents pour une fête exceptionnelle : la majorité du frérot. Une vingtaine de personnes invitée. Ma mère avait chouiné pour faire appel à un traiteur. J'ai crié au scandale quand j'ai vu que les entrées seules coûtaient déjà douze euros. Après quelques discussions bien animées, ma soeur et moi avons eu autorisation de nous occuper du repas. Je dis bien "autorisation", pas "champ libre". Alors ce fut une journée "service", préparation de la table (bouquets de blé vert et de marguerites, petites vignettes souvenir avec photo du djeun's bien kitsch), mise en place du repas, les petits plats dans les grands, les mains dans la vaisselle jusqu'à dix-huit heures et toujours une petite coupe de quelque chose posée sur un coin de table. Le temps, heureusement, était avec nous et tout le monde a pu se poser dans le jardin sous un soleil d'avril pour le dessert. Qu'il est bon de se retrouver tous ensemble ! Je crois que c'est la première fois que je savoure (en pleine conscience de la chance que j'ai) un  moment pareil. Assise au soleil, silencieuse dans le brouhaha des conversations, dégustant une coupe bulleuse. Il ne manquait que la grand-mère qui est à l'hôpital (rien de grave, je crois d'ailleurs qu'elle sort aujourd'hui). La journée s'est achevée sur une petite note "balade en bord de rivière", histoire d'oublier que tout le monde était pompette et de digérer l'excès. Neb et moi sommes rentrés vers onze heures et sommes tombés comme des masses devant une émission sans importance. Encore hier, alors qu'un ciel de plomb avait de nouveau remplacé le soleil, j'ai passé une bonne partie de ma journée à dormir.

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Week-end prolongé qui s'achève. Je pars travailler. J'ai du mal à croire que j'y vais encore. J'envoie des courriers, je scrute, ma tête est déjà ailleurs et pourtant il faut assumer jusqu'au bout. J'annonce ce matin à une classe un peu particulière mon départ. Trois classes de première année sont déjà au courant. Avec celle de ce matin, ça s'annonce moins facile. Des liens forts se sont tissés, beaucoup de mots trop énervés depuis le début de l'année, beaucoup d'explications aussi.