mille_bornes

Rentrée hier soir. Erreintée. Les jambes creuses, la tête aussi. Depuis je dors, comme si j'avais fait un marathon. Je pense que j'ai poussé les limites très loin, tant pour la tête que pour le corps.

Départ jeudi matin, vers six heures. Le trajet commence mal puisqu'il faut traverser Bâle. Je ne comprends pas ce qui se passe dans cette ville (à vrai dire, je ne comprends pas ce qui se passe dans tout le pays pour ce qui est des voies de communication), elle est en travaux depuis que je la connais. Toujours aux mêmes endroits, la route est pleine de trous, des grues partout, des machines, des voies de déviation... Puis j'en sors. Après, c'est les routes suisses, les aires de repos suisses, les champs de colza et de blé suisses sous la pluie comme des patchworks géants... Mais aussi les travaux suisses, les bouchons suisses : autoroute limitée à une voie sur vingt kilomètres, j'ai eu le temps de regarder les vaches et elles ont eu le temps de me voir. Arrivée à Grenoble avec une heure et demi de retard. J'ai découvert un domaine universitaire énorme qui ne ressemble en rien à ce que j'ai pu connaître. Au milieu de ce fourmillement, j'ai vite trouvé ma salle et je me suis replongée dans les cours de didactique. J'arrivais pas à voir vraiment ce qu'on attendait de moi. Je suis effectivement restée comme deux ronds de flan devant le sujet qu'on m'a présenté quelques minutes plus tard. Il a eu une sorte de brouhaha dans l'amphi, mais tout le monde s'y est mis. Vers dix-sept heures, le plus dur étant passé, je suis sortie de l'amphi, ventre vide et tête engourdie. Comme un zombi, je suis remontée dans ma voiture (celle de Neb en fait) pour trouver mon lit pour la nuit. Des amis de Neb s'étaient proposés pour m'héberger, étant sur le campus, ça devait m'éviter de faire trop de route. Seulement, contexte particulier oblige (grève des transports et gros orage (merci Lully pour l'info)), j'ai mis une heure et demi pour les trouver. Arrivée chez eux, Mademoiselle m'accueille. Je la connais que très peu. Elle est dans un fauteuil roulant suite à un accident qui remonte à quelques années déjà. Son appartement est impressionnant. Elle m'annonce qu'elle est invitée chez des amis puisque je dois réviser. Son homme est absent et ne rentrera que tard dans la nuit. Je reste seule. L'agencement de l'appartement me met mal à l'aise (interrupteurs bas, pas de pieds aux meubles, salle de bain particulière...). Ce n'est pas le côté pratique qui me gène. C'est simplement parce que j'imagine que ce que je ressens là, elle doit le ressentir dès qu'elle est ailleurs. Je suis admirative pour tant de courage. Je me sens méprisable à côté, pour toutes les plaintes que je peux formuler qui n'ont pas lieu d'être. Je m'endors très tôt, dans un clic-clac aux draps violets, sous un sac de couchage rose fluo.

Le lendemain, garde-à-vous à cinq heures et demi. Douche chaude et c'est reparti pour la dernière ligne droite: cinq heures d'examen et le retour. Je suis surprise ce deuxième jour par la facilité des sujets d'examens, très proches des devoirs d'entraînement qui avaient été proposés par le CNED. La journée file à toute vitesse. Je rencontre quelques difficultés le matin pour faire un plan de commentaire qui tient la route, mon cerveau se bloque entre dix heures et onze heures moins le quart. J'ai aussi beaucoup de mal à écrire, non pas à formuler les idées, mais bien à les rédiger avec mon stylo. A part la manipulation assidue du stylo rouge, il ne m'arrive que très rarement de me servir encore de ma plume. Je ne mange pas à midi, le ventre noué, la tête comme une pastèque pour le seul examen qui se base uniquement sur des connaissances. Je le boucle en une heure au lieu de deux et je repars immédiatement après, impatiente d'être chez moi. Le retour s'est fait plus rapidement que l'aller. Passage dans ce tunnel magique de Chambéry, qui sent le pain grillé comme à l'aller. Une seule pause sur une aire d'autoroute de Lausanne (spécial dédicace aux moineaux du coin qui viennent taper la tchatche) et retour au point de départ vers huit heures et demi, après quelques zigzags incontournables dans Bâle. Essouflée, sale et vide...

Bilan plutôt positif en fait. Je suis fière de moi. Fière d'avoir su réaliser, construire ça par moi même, d'y être allée et d'avoir une impression positive au retour. Je pense avoir fait mon maximum. Résultats début juillet. Le plus dur maintenant, c'est de trouver la patience.

P.S. : Note pour plus tard, ne jamais laisser des coccinelles en chocolat au fond de son sac en été.