Mal à la gorge. Fatiguée. Surtout nerveusement en fait. Alors que rien n'a encore commencé. Les choses sérieuses commencent demain matin, à cinq heures. Je quitte la ville pour Grenoble. Quelque six heures de route, à travers la Suisse... Je commence par l'épreuve qui suscite le plus d'appréhension : la didactique. Le vendredi sera plus facile, je pars sur des bases déja solides : analyse littéraire et linguistique. Les notes obtenues pour les devoirs envoyés étant bonnes, je suis sereine. J'avais d'ailleurs été étonnée de constater la rapidité avec laquelle ces connaissances éaient revenues à ma mémoire, je n'avais eu qu'à fouiller un peu les petits tiroirs poussièreux de mon cerveau pour retomber sur des notions de morphologie ou de phonétique. Aucune réelle angoisse donc, je me dis que je ferai ce que je peux, le maximum. Je réalise que mes derniers examens remontent à loin, plusieurs années, plus l'habitude de rester le cul sur une chaise, seule face à ma feuille blanche. Demain soir, je dors chez un ami de Neb homme de moi, en plein coeur du quartier universitaire, une bonne chose parce que la sordide chambre d'hôtel me faisait un peu peur.

Puis hier soir, le Pooh était à la maison, ça faisait plusieurs mois que je ne l'avais pas vue, juste quelques coups de fil, sa voix lointaine. Ce fut bon de la retrouver, même pour quelques heures seulement... La soirée fut douce et agréable, malgré les grognements de Neb homme de moi qui se montre parfois très virulent pour pas grand chose.

Absente jusqu'à samedi. Je croise les doigts. Je suis contente de faire ça pour moi. Pour moi toute seule.