lundi 24 avril 2006

S'il fallait mettre un titre...

Les heures viennent à nouveau s'aligner. Elles me semblent pires que jamais. Certains élèves s'endorment, je ne cesse de les rappeler à l'ordre "je suis là, on écoute, un effort". Boulot de flicaille. Ils travaillent en entreprise, je sais, le rythme de l'alternance est dur pour eux. Pourtant, je fais mon maximum pour qu'il y ait encore un sens à tout ça. Tout à l'heure, alors que ma voix résonnait dans les oreilles d'un somnolent, une petite demoiselle m'a dit, tout sourire, comme une évidence: "Mais, Madame, faites comme la prof d'allemand, elle laisse dormir ceux qui sont fatigués". C'est la fête du slip. Je veux partir. Il est temps que ça s'arrête, je suis blasée, je n'ai plus ma place, j'ai cherché trop d'excuses.

Appel ce matin pour une annonce de boulot vue sur le site de l'ANPE. Petit pincement mais ça ne collera pas. Le poste est à pourvoir immédiatement. La voix me dit d'envoyer un CV, on ne sait jamais, des postes pourraient se libérer pour septembre. Pourtant, c'était plaisant, bon salaire, pas de trajet, profil souhaité, expérience dans le domaine. Je me rassure : s'il y en a eu une, il y en aura d'autres.

Puis il y a un cours prépa-bac qui se profile jeudi après-midi. J'ai dit oui à la maman que j'ai eu au téléphone il y a une heure, mais ça me contrarie vraiment. Je comptais sur ces quelques heures pour boucler ce fameux rapport d'apprentissage. Je lisais il y a peu sur le forum des inscrits que beaucoup passeraient les examens en mai mais se contenteraient de rendre le rapport en août, pour avoir plus de temps et de recul. L'idée me séduit. D'autant que je n'ai pas vraiment mon quota d'heures et qu'il me manque la signature de la prof.

Et comme ça, sans s'en rendre compte, en moins de vingt quatre heures, on replonge dans la réalité.

Posté par Diane Groseille à 22:48 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Dégradé de tendre.

La journée d'hier avait quelque chose de définitivement estival. Mes cheveux sont encore impregnés de l'odeur du feu de bois. Ce fut quelques heures d'éternité figées dans la lumière et la douceur de l'herbe. Ivresse aussi en discontinu dans les veines. Comme ces journées où l'on a quelque chose à fêter, mais là, c'était gratuit. Juste le bonheur d'être ensemble, de rire, de jouer, de partager. Absence de ma mère qui a pris le train pour le Sud, seule. Et la maison parait vide, un peu désorganisée. Tout semble plus facile quand elle est là. Puis les amis de Spö, Kronk, et toujours Boucle d'Or : tout semble intact, comme il y a plus de deux ans, dans chaque regard. Mais rien ne se dira, ni les regrets, ni les envies, jamais.

Difficile de reprendre aujourd'hui. Y'a comme une incohérence. Le goût de la veille qu'on aimerait garder dans la bouche. Toutes ces têtes qu'on a pas envie de revoir. Cette sensation bien ancrée à l'intérieur qu'on y va plus pour faire semblant, pour jouer un rôle, mais que personne n'est plus dupe. Comme une marionnette. Puis le compte-à-rebours est maintenant lancé.   

Posté par Diane Groseille à 07:31 - - Commentaires [1] - Permalien [#]