mardi 11 avril 2006

De l'autre côté de la rue.

De l'autre côté de la rue, il y a des gens qui vivent au même étage que nous. Ils ont de toutes petites fenêtres carrées. Souvent, on voit de la lumière, le passage de corps en mouvement, en contre-jour. Et depuis samedi, leur fenêtre est restée ouverte, il pleut à l'intérieur depuis dimanche matin et il n'y a plus de lumière.

Alors, je m'inquiète, je réfléchis, je cogite chaque fois que je passe devant ma fenêtre en voyant la leur désespérement ouverte.

Et s'ils étaient morts tous les deux.

Samedi, journée ensoleillée et agréable, notre petit couple a décidé de rester dans le cocon bien douillet de son appartement. Vers quatorze heures, un désaccord se présente sur le choix du film à regarder. Madame, en pleine période de régles douloureuses et sous une violente poussée d'hormones se munit de sa poêle à frire et assomme violemment son mari d'un revers. Il meurt sur le coup. De désespoir et de culpabilité, elle avale trois boîtes de comprimés. Ils sont en train de pourrir dans leur appartement. Heureusement, leur fenêtre est restée ouverte.

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Samedi, journée ensoleillée et agréable, notre petit couple a décidé de profiter de la douceur et de sortir se balader. Ils ont ouvert la fenêtre avant de partir pour aérer leur appartement. Ils sont partis en forêt, y ont croisé un dangereux psychopathe qui les a enlevés, qui a cloué Madame à une planche en chène massif dans sa cave et qui force Monsieur à jouer aux échecs avec lui depuis.

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Samedi, journée ensoleillée et agréable, notre petit couple a décidé d'inviter les beaux parents pour dîner. Ces derniers arrivent en fin d'après-midi, et sont heureux de constater que leur fille et leur gendre se portent bien. On s'installe rapidement pour l'apéritif. Beau papa est sous antibiotiques mais il n'y avait plus pensé. Le traitement associé à une forte dose de pastis provoque rapidement des sueurs froides, il se sent mal, il voit trouble, il se lève et pris d'une soudaine pulsion incontrôlable, il étrangle sa femme et se jette sur son gendre qu'il tue avec la lampe offerte par une collègue de travail. Tout cela sous les yeux horrifiés de sa fille qu'il finit par tuer en lui plantant le couteau à pain dans le ventre. Il quitte l'appartement en laissant un carnage derrière lui. Il est à l'heure actuelle sur une plage de Normandie, son portable à la main, sur le point de se dénoncer à la police (qui n'a d'ailleurs pas encore pris connaissance du triple crime).

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toile

Faut que je téléphone aux pompiers moi, non? Je suis fatiguée en ce moment, vous n'imaginez même pas...
[Horreur, il est 17h48, je viens de terminer ce message, je me lève, je vais boire un verre d'eau et en revenant, je passe devant ma fenêtre : la leur est fermée.]

Posté par Diane Groseille à 17:56 - - Commentaires [5] - Permalien [#]