jeudi 6 avril 2006

Radins, nombrilistes et compagnie...

Encore ce matin, arrivée dans ma salle de cours pour réaliser qu'il fait presqu'aussi froid que dehors. A savoir, température extérieure : - 2. Rapide tour d'horizon : les radiateurs sont coupés. Pas de panique : c'est mon lot quotidien. C'est encore dû à notre cher directeur passé la vielle avant de quitter l'établissement. Il pense faire des économies. Je gagne la salle des profs pour les quelques photocopies de rigueur. Constatation n° 2 : plus une feuille de papier dans la photocopieuse et le placard est effrontément vide. Le coupable a même jugé utile d'y laisser l'emballage plastique. Pire que celui qui laisse le rouleau de papier toilette après en avoir utilisé la dernière feuille. Arrive R. qui me demande gentiment comment je vais, mais qui n'écoute pas la réponse puisqu'il part dans la salle voisine. Puis me voilà en train de courir après l'économe pour obtenir les feutres pour tableaux blancs qu'on nous force à quémander. On me laisse comprendre que je ne rentabilise pas assez. Il faut utiliser les feutres "jusqu'à la corde". On ne les jette que quand le dernier rang ne peut vraiment plus lire. On m'attrape ensuite entre deux portes pour m'annoncer que certains de mes cours sautaient demain matin, je dois être là pour encadrer. Ce gardiennage dont les débordements sur mes heures de prép' sont déjà prévus sera bien en tendu du bénévolat. Alors que je cours toujours, l'ami P. galope derrière moi dans les couloirs, me parlant de son anniversaire de mariage, de ses projets de week-end, de sa nouvelle voiture. Il est tellement occupé à s'écouter qu'il ne réalise même pas que je n'ai aucune seconde à lui/m'accorder. Retour en salle des profs, un abruti à réussi à trouver quelques feuilles, mais a également trouvé le moyen de bloquer la photocopieuse en les utilisant. Le lâche a bien entendu quitté le lieu du crime. Et c'est Bibi qui met les mains dedans pour décoincer tout ça*. Puis vient la cerise sur le gâteau (je ne parle pas de la Griotte*),  j'apprends par Tête de Brique (par message interposé) que mes dates d'exam' ne collent pas, d'autres ont annoncé leurs dates et ça tombe le même jour. Et comme ils sont prioritaires (il faut comprendre ici "coefficients bien plus importants") c'est à moi de m'adapter et de modifier mes dates qui sont arrêtés depuis fin août.

Alors, je pousse ma gueulante. J'en ai marre des économies de bouts de chandelles. J'en ai assez des égoïstes, des individualistes, des gens qui se tirent sur la nouille et qui s'écoutent parler. De ces gens qui ont des petits dollars dans les yeux, qui ne pensent qu'à leur argent et à la façon dont ils pourront montrer qu'ils en ont. Tellement plein la casquette d'être entourée de personnes qui n'ont d'yeux que pour eux-mêmes et qui n'ont pas le courage de regarder autour.

J'ai besoin d'air.

J'ai besoin de lumière.

J'ai besoin d'évasion.

J'ai besoin d'émotion.

clocher


*Je prends une classe à dix heures. Entrée dans la salle bruyante, mon public est disspié, il glousse et pouffe. Ce petit cirque dure un temps et je perds vite patience. Je hausse un tant soit peu le ton pour obtenir le calme. Et là une demoiselle embarassée me dit "Madame, faut qu'on vous dise quand même, on peut pas vous laisser comme ça, vous avez une grosse trâce noire sur le front". Et de pouffer encore. Je glousse aussi. Saloperie de photocopieuse.

*Saura-t-elle me pardonner ce vilain jeu de mots?

Posté par Diane Groseille à 19:58 - - Commentaires [4] - Permalien [#]