dimanche 26 février 2006

Avoir envie de plus tard.

Pas sommeil ce soir.


Neb homme de moi parti ce matin, loin, et il me semble difficile de me coucher dans ce grand lit froid, en sachant qu'il ne viendra pas m'y rejoindre. Une semaine de douce solitude qui m'attend et je réalise comme la dernière fois que les personnes autour de moi se font lointaines, que notre couple les a un peu éloignées.

tulipes

Mes soirées seront malgré tout bien remplies même si je suis seule. Carte annuelle de piscine depuis hier donc je peux y aller "sans compter". Puis demain soir je reprends mes cours d'arabe, "leurs" vacances (celles que je n'ai pas eues) étant finies. Je vais essayer de passer une soirée avec P. et R., que je n'arrive à voir qu'entre deux portes les derniers temps... Ces quelques jours vont filer si vite ! Les jours ne sont que des "copier-coller", je n'arrive pas à leur donner une teinte différente chaque jour malgré mes efforts, je m'essouffle. Le printemps pourrait se presser un peu, non ? Encore ce froid pénetrant aujourd'hui, même si les minutes de lumières en plus sont palpables. J'ai acheté hier après-midi la verdure parfumée et aromatique de la belle saison, je vais sans doute rempoter et semer durant les jours qui viennent, comme un appel au soleil.

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Journée passée chez mes parents, j'avais dormi là-bas en rentrant de chez Le Pooh hier soir, dans mon petit lit de lycéenne. Seule avec eux depuis ce matin, frère et soeur absents. Alors c'est simple: prendre des photos de mésanges, corriger un paquet de copies sur la grande table familiale en bois, où ça semble plus facile et plus rapide, s'installer autour de la même table, avec ma mère et deux tasses de thé qui refroidissent et parler... ou se taire.

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samedi 25 février 2006

Les yeux au ciel.

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Le lapin.

Levée tôt pour rien, mon cours de violon est annulé. Mais je ne le savais pas. Je me suis rendue à l'école de musique, dans le froid du matin qui pique les joues. J'ai attendu devant la grande porte en bois fermée à clé. Je me suis assise sur les marches grinçantes, j'ai refait mes lassets.  J'ai entendu les voisins de palier qui mangeaient des tartines de confiturtes et des kiwis, odeurs de café au lait jusque dans le couloir. Puis je suis repartie, je me suis encore arrêtée au pied de l'immeuble, devant cette petite boutique qui vend des cartes postales, j'ai zyeuté les tourniquets en espérant que mon prof arrive... Mais rien. Alors j'ai pris le chemin du retour pour trouver chez moi un message sur mon téléphone, datant de hier soir minuit "pas cours demain matin". J'avais pourtant bien appris mon morceau "Ah vous dirais-je Maman"...

Nous partons à la piscine dans une demi-heure. Neb homme de moi est encore au lit, et en vacances depuis hier soir. Il me quitte ce week-end pour rejoindre pendant une semaine sa famille, ses amis, ses alpages. En attendant son réveil, je vais me faire une tartine de confiture, moi aussi, celle que je n'ai pas eu le temps de manger avant de partir. Une matinée qui s'annonce douce comme une chanson de Jack Johnson.

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mercredi 22 février 2006

Fenêtre sur ciel.

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mardi 21 février 2006

Kafkaïen.

C'est l'histoire ridicule d'un trousseau de clé. Deux clés métalliques joliment sculptées, avec des anneaux trop fragiles pour les supporter et des porte-clés en plastique jaunes, blancs et verts. Mais pas n'importe quelles clés, ce sont les clés des salles de cours. Clés que chaque enseignant prend le matin au casier de l'accueil pour les y remettre le soir. Ce serait plus simple que chacun ait son trousseau, mais justement, ce serait trop simple. La condition sine qua non pour enseigner : ouvrir et fermer les portes pour accéder à ces antres sacrées du savoir et de la connaissance.

A midi : la panique.

Le trousseau tant convoité a disparu. Je suis sur le point de quitter une salle que je vais devoir refermer derrière moi. Je n'ai que quelques minutes pour me précipiter chez moi et pour manger un morceau, mon temps est compté, les clés n'ont pas le droit de disparaître à ce moment là, ça va compromettre le timing règlé comme du papier à musique. "La clepsydre, la clepsydre, sors, vite !..." Une collègue passe heureusement par là et je lui demande son trousseau, je ferme la salle. Je cours, mais l'idée d'avoir égaré le précieux me hante et me coupe l'apétit. Arrivée chez moi, au lieu de me préparer à manger, je prends mon sac par la peau des fesses et le retourne sur le parquet : dizaines de petites pièces et autres babioles roulent au sol. J'éparpille les carnets, le boîtier à lunettes, les paquets de mouchoirs, les barrettes pour les cheveux... Pas de clés. Je redescends les trois étages pour fouiller de fond en comble la voiture. Je remonte mais comme la disparition devient déjà angoissante, inexplicable et obsédante, je redescends, saute dans la voiture et rejoins le lieu du crime. Je pense déjà à mon directeur, maître des clés et de l'usine à gaz, je vois déjà sa nervosité et ses yeux exorbités quand il apprendra la nouvelle, et moi, toute petite en face, honteuse, la tête rentrée dans les épaules. Arrivée sur place, je me précipite en salle des profs et interroge d'éventuels témoins. Personne ne peut me répondre. Je refais alors mon trajet de la matinée, salle après salle, espérant qu'elles se soient glissées sous un bureau. Des scénari plus affreux les uns que les autres me traversent. Je me revois, me lavant les mains à dix heures, et si le trousseau avait glissé dans le lavabo. Pire encore, si un élève s'était emparé du bien ! Catastrophe ! Il aurait ainsi accès au Saint du Saint comme bon lui semble ! L'angoisse a provoqué des sueurs froides et des tremblements, je suis sur le point de défaillir, perdant tout sens commun, je déblatère des insultes en errant dans les couloirs, cumulant les chapelets de "putain de bordel de merde". Dans un dernier sursaut de lucidité, je me rends au réfectoire où se trouvent quelques collègues que je n'ai pas encore interrogés et le directeur, à qui je compte, avec des sanglots dans la voix, avouer ma terrible faute. Comment formuler ça, avouer l'inavouable ? J'entre et je pose la question anodine "quelqu'un n'aurait pas vu mon trousseau de clés". Je vois l'inquiétude dans les yeux de mes collègues suscitée par ma simple question qui montre que j'ai fauté, ils partagent en quelques secondes ma panique. "La pauvre, dans quelle situation elle s'est mise, elle a égaré le précieux, elle va être bannie !". Certains, compatissant, fouillent leurs sacs, sans trop y croire et je vois déjà, à l'autre bout de la table, l'oeil noir de Tête de Briques qui pense à la rouste que je vais me prendre, indigne que je suis de disposer ainsi du trousseau. Et c'est là que la lumière se fait. C'est Mamzelle Valérie, la bouche pleine d'omelette, qui sort de son sac le trousseau, presque étincelant et auréolé  Elle articule vaguement un "oh, ben j'en ai deux, je comprends pas...". Le matin même elle avait pris mon trousseau sur le bureau en quittant la salle de cours. Je m'effondre alors sur une chaise, légère, déculpabilisée et soulagée.

Non, je ne suis pas une psychopathe, même si mon directeur fait tout pour que nous le devenions.
Et je recopierai cette dernière phrase cinquante fois pour demain, histoire que ça rentre bien.

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lundi 20 février 2006

Putain d'hormones, putain d'inconstance...

... Qui fera que ce lundi, sensiblement identique à lundi dernier, me semble merveilleux, un peu magique. Alors qu'il y a quelques jours à peine, ce filtre gris devant mes yeux teintait mon champ de vision. Aujourd'hui, un rayon de solail et voilà les projets qui refont surface, la confiance en moi qui me gonfle, et presque je me trouverais jolie, et bientôt c'est le printemps, je suis libre et j'ai envie... Putain d'hormones, je m'emballe encore. Ces hauts, ces bas  incontrolables que je déteste, font de moi une marionette qui ne sait sur quel pied danser.

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vendredi 17 février 2006

Neb homme...

Il ne dit rien, il dit "peut-être", il dit "demain", il dit "si tu veux".
Et après il me demande ce qu'il a fait pour que je fasse cette tête.
Rien justement, ou si peu.
J'ai souvent l'impression de ne plus être là, comme si tout ce qu'on avait à faire ensemble était fait.
Il passe ses soirées à se battre virtuellement dans un monde qui est sans doute plus excitant que ma compagnie.
Il aimerait toujours qu'un bisou efface les silences entre nous.
Il pense que tout ça n'est qu'une question d'argent.
Il ne décide rien. Il répond à une question par une question.
Il n'y a plus grand chose qui nous unit encore et pourtant je croyais qu'on avait tant de points communs.
Nous partageons encore un lit mais il se couche plus tard que moi, se lève plus tard aussi.
Je l'aime encore mais j'ai l'impression que ce mot n'a pas la même définition pour lui que pour moi.


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jeudi 16 février 2006

Midi, un jour plus court.

Prendre le temps de rentrer à pied, parce qu'il ne faudra pas revenir l'après-midi. Remarquer que l'air est moins froid et que ça plaît aussi aux oiseaux. Errer dans les ruelles, avec ce paquet de feuilles serré contre moi. Les parfums mitonnés des petits plats du midi. Des gens qui s'activent, cet homme qui sort du bureau de tabac avec son journal sous le nez et qui rit tout seul. Cette femme qui est arrêtée sur le trottoir les mains dans les poches, un homme est debout à sa gauche, elle lui dit sans le regarder, avec des larmes et de la force dans la voix, "tu me prends pour une conne". Ce n'est pas une question, ça semble être une certitude. Passer à côté et faire comme si on avait rien entendu. Trouver dans la boîte aux lettres le colis attendu, déchirer l'emballage dans les escaliers. Rentrer chez soi, pousser la porte et sentir cette bonne odeur de pain, de propre, de chaleur, et de confort. Après: avoir le temps. Une petite salade, une tartine, quelques carreaux de chocolat. Frotter les cordes du violon pendant quelques minutes avec l'impression de le découvrir à chaque fois que son bois touche ma peau, que son poids vient se poser sur ma clavicule, contre mon cou. Presque aussi bon qu'un dimanche matin.

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Puis j'ai posté hier mon premier devoir au CNED. J'ai passé quelques heures dessus et j'ai redécouvert cette satisfaction de composer, de structurer ma pensée, d'épuiser le texte. J'ai fait un bond de quelques années en arrière pour oublier le temps de la réflexion les préoccupations du moment. L'attente de la note sera longue.

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mardi 14 février 2006

Fil tendu.

Saint Valentin. Aucun impact. Hier soir, l'Amie (dont je n'ai pas eu de nouvelles pendant presque deux mois) a insisté pour que nous allions au restaurant. Ce fut chinois et plutôt bon, mais malgré tout, je n'étais pas très à l'aise. J'avais froid et il me fut difficile de l'écouter combler en deux heures et demi plusieurs semaines de vide. Les mots voulaient effacer ce silence et son plat refroidissait sous ses mains agitées et ses sourires. Elle m'a semblée perdue. J'avais l'impression qu'elle passait à côté de l'essentiel, que cette énumération de petits détails anodins cachait en fait un aveu qui n'est pas sorti. Je n'ai pas voulu lui tirer les vers du nez. A plusieurs reprises déjà j'ai passé l'éponge sur ses attitudes et ses questionnements à rallonges. Cette fois, je la laisse venir. Il y a de toute façon une place pour elle dans ma vie, elle le sait.

Ce matin, le jour vient plus vite. Je me sens un peu seule dans ma vie. Neb homme de moi est toujours loin en étant juste à côté. Il est sans doute seul aussi, mais je ne sais plus pour quoi j'essayerais encore d'aller vers lui. Impression de déjà-vu. Il y a ce rythme qui nous tient encore l'un près de l'autre et je me dis parfois que si ça devait s'arrêter, ça tiendrait le temps de l'élan et tout se casserait la gueule. J'avance presque seule, sans savoir vraiment où je vais, mais l'essentiel c'est d'y aller.

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jeudi 9 février 2006

Matinade.

Traîner les pieds dans la neige ce matin et voir la ville se réveiller, une femme en pyjama qui ouvre ses volets, des enfants qui sortent en courant de la boulangerie avec des sacs énormes sur le dos. Une lumière inhabituelle, jaune orangée au-dessus des maisons. Au loin, dans la direction où je vais, les Vosges qui se dessinent dans toute cette lumière, comme si elles venaient de se dresser, nées dans la nuit. Et pour la première fois depuis longtemps, pas d'écharpe autour de mon cou, l'air est bon, presque tendre ce matin...

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