samedi 28 janvier 2006

To be continued.

Et puisque je suis dans les listes, je prends enfin le temps de répondre au questionnaire de Mademoiselle Laureline, si elle veut bien de mes réponses après deux bonnes semaines de silence.

7 choses que vous voulez faire avant de mourir:

  1. Élever des chèvres dans une ferme perdue dans la campagne, avec un grand chène devant.
  2. Avoir un enfant.
  3. Faire le tour du monde.
  4. Savoir dire merde.
  5. Écrire un livre.
  6. Exercer plusieurs métiers, pour comparer.
  7. Jouer un morceau de Tiersen au violon.

7 choses que vous faites bien.

  1. Le pain.
  2. Enseigner et apprendre.
  3. La gueule.
  4. Me remettre en question (trop sans doute, championne du monde de la prise de tête, illustration au quotidien sur ces pages)
  5. Écrire.
  6. Mettre en confiance / écouter et faire confiance (là aussi, trop, souvent).
  7. L'amour.

7 choses que vous ne pouvez pas / savez pas faire

  1. Dire merde comme on dit bonjour.
  2. Le grand écart.
  3. Prendre des risques (pas assez à mon goût)
  4. Choisir mes amis, si souvent déçue.
  5. Pardonner  (très rancunière, sale bête)
  6. Anticiper (trop de choses sont faites dans l'urgence)
  7. Renoncer.

7 choses qui vous attirent dans le sexe opposé

  1. Le sexe.
  2. Les mains / les poignets
  3. La sensibilité et la tendresse.
  4. L'enfant qui se cache toujours derrière la carapace.
  5. Le regard.
  6. La peau et la chaleur.
  7. La différence et le détachement par rapport à certaines futilités..

7 choses que vous dites souvent.

  1. Installez et sortez vos affaires / Variante : vous êtes plus en récrée, on a du travail, on arrête de se balancer sur sa chaise.
  2. Motus ! (et il y a toujours un zinzin pour rajouter "et bouche cousue")
  3. Putain ! (je fais des efforts pour le rayer de mon vocabulaire, mais c'est inné)
  4. On verra...
  5. Je te dérange pas trop là ? Tu veux prendre ma place ?
  6. Je t'aime.
  7. Si tu veux...

7 béguins pour des célébrités

  1. Chris Martin.
  2. Thom York.
  3. Jim Morrison.
  4. Charlotte Gainsbourg.
  5. Victoria Abril.
  6. Camille.
  7. Nicolas Hulot.

Puis je ne refourgue pas le questionnaire, que ceux qu'il inspire se servent...

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ça m'énerve ça !

Puisque ça faisait longtemps, je m'adonne à une petite liste. De celles qui vous mettent presque de bonne humeur parce qu'on a l'impression d'avoir vidé son sac. Alors voilà la liste non exhaustive des petits détails qui m'agacent / me répugnent / me foutent hors de moi:

  • Le rire de Tête de Briques qui est en général accompagné de petits grognements et qui est souvent réservé au passage d'un mâle.
  • L'électricité statique, mes cheveux collés à mes joues en permanence. Le summum : quand j'enlève un pull.
  • La mauvaise foi (référence entre autres à ce type qui a fait marche arrière avec son gros 4/4 et dont la roue de secours est venue emboutir mon coffre).
  • Les gens qui n'écoutent pas.
  • Steevy.
  • L'hiver et son cortège d'ennui et d'ombre qui foutent le baromètre "motivation" à zéro.
  • Toutes les factures et les paperasses à règler qui laissent cette impression amère d'avoir toujours oublié quelque chose.
  • L'empâtement professionnel dans lequel je suis en train de patauger, trop difficile de faire le choix de partir et écoeurant de rester.
  • Les pique-assiettes qui vous font une tête de chien battu une semaine avant Nouvel An pour se faire inviter et qui se pointent avec un paquet de chips pour qu'on les rince et qu'on les gave toute la soirée, et que même après faut encore les ramener à l'autre bout du département.
  • Les gens qui crient, pour que tout le monde partage leur point de vue ou pour avoir l'impression d'exister
  • L'émission "ça va se savoir" sur RTL9, miroir de toute la bétise humaine.
  • Ma prof d'arabe, ses retards, ses absences, ses cours approximatifs
  • le téléphone en général, sous toutes ses formes. C'est le principe qui me dérange, être à disposition du premier venu qui peut vous "sonner" comme un domestique et interrompre tout ce que vous êtes en train de faire.
  • Les nanas qui se baladent le bide à l'air alors qu'il fait moins dix, juste pour qu'on voit dépasser les petits diamants de leur string.
  • Les changements d'heures dont je ne me remets jamais.
  • Les hommes politiques, petits, teigneux, qui font beaucoup de bruit, qui parlent de choses qu'ils ne connaissent pas et qui aiment inspirer la peur.
  • Les publicités du crédit agricole.
  • Faire la bise aux gens que je ne connais pas, et même faire la bise en général, rituel que je trouve profondément ridicule.
  • Les tiques.
  • Et gnagnagna, et gnagnagna...

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jeudi 26 janvier 2006

Flocons.

Lumière jaune fade toute la journée, presque sale.
Je me sens seule et inutile.
Je déteste les mois de janvier.
Rien devant, si ce n'est encore du boulot.
Neb homme de moi est loin.
Il ne me parle presque pas, ne me regarde que si peu.
Il passe son temps avec un ordinateur sous les yeux.
Je me sens comme un objet.
Il y a tant de silence alors que tout va si vite.
Fatiguée.


Ce week-end, je voulais rejoindre la capitale, pour errer dans ses rues à la découverte de surprises qui me couperaient un peu de ma réalité. Mais l'idée de trainer mes pieds pendant deux jours dans la neige fondue et dans le froid ne m'attire que moyennement en fin de compte.

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mardi 24 janvier 2006

Un conseil de classe.

On commence par étaler nos affaires sur la table, sortir le cahier, l'ouvrir à la bonne page, cibler la classe, se mettre dans leur ambiance, les éléments forts, les discrets, les bavards... "Je les ai le matin à huit heures, ils sont toujours endormis", "m'en parle pas, je finis le mardi et le jeudi avec eux, de vraies piles !". En regardant le tas de bulletins qui les attend, on évalue le nombre d'heures que nos fesses vont devoir passer sur cette chaise. Conseil de classe ouvert, les élèves défilent devant l'ensemble des profs, grand moment de solitude pour eux.

Le premier entre. Il aime pas être le premier, mais ça fait des années que ça dure parce que son nom de famille c'est Abel. Les profs sont encore frais et dispo, ils prennent le temps et choisissent leurs mots, la diplomatie pour faire passer le message, ne pas décourager.

Il y a celui qui entre emballé dans sa veste avec son écharpe sur le nez, qu'on dirait qu'il va nous menacer d'une arme tellement il est camoufflé. Mais il espère que comme ça, il s'en prendra un peu moins dans la figure, qu'il pourra se protéger.

Il y a celle qui entre sans frapper, sans qu'on lui ait demandé d'entrer et qui commence à nous raconter sa vie avant même qu'on ait pu dire un mot, qui nous explique que sa mère est partie et que du coup, elle a planté son semestre.

Il y a celui dont on découvre le bégayement, et pourtant, ça fait cinq mois qu'on le voit et qu'on l'entend en cours, qu'il a même la grande gueule et là, il a suffi d'une rangée de profs pour lui faire perdre ses moyens et le mettre face à un handicap qui a du lui pourrir l'enfance.

Il y a celui qui nous parle et qui est tellement stressé qu'il se ronge les ongles en même temps. Celui qui mâche un malabar de la taille d'une patate en essayant de nous articuler quelque chose. Celui qui fait des phrases dont les mots ne sont vraiment pas dans le bon ordre.

Il y a celle qui voudrait disparaître sous la table, qui donnerait un bras pour être ailleurs, qui est au bord de la syncope et qui s'entend dire qu'elle devrait être moins effacée et s'affirmer davantage au sein de la classe.

Il y a celui qui s'en balance, on lui annonce qu'il perd son temps, qu'il plante son année et qu'en prime, il dérange l'ensemble des cours et lui vous regarde avec un sourire moqueur, droit dans les yeux.

De l'autre côté, il y a les profs...

...Celui qui râle dès le début parce qu'il va passer deux heures ici, que ça ne fait pas partie de ses horaires habituelles, que bien entendu, ça va encore être du bénévolat et qu'en plus ça va revenir à pisser dans un violon puisque les jeunes n'écoutent plus rien...

...Celle qui se case dans un coin et qui en profite pour corriger un paquet de copies, voire se faire les ongles...

... Celle qui fait de l'excès de zèle, qui en fait trois tonnes pour chaque élèves comme si sa vie en dépendait, et qui, si on la laissait faire, bouclerait le conseil en trois heures quarante...

... Il y a celui qui arrive en retard parce qu'il avait pas de train avant et qui repart avant parce qu'il avait plus de bus après...

... Celle qui se pose et fait la statut de sel, pas un mot pendant plus de deux heures, presque momifiée, à se demander s'il elle a pas un bouton on/off dans le dos.

... Ceux qui bavardent sans arrêt et qui gloussent dans leur coin et qu'on remettrait bien en place, mais c'est pas des élèves...

C'est parti pour deux semaines jalonnées de conseils de classe. Et même que je ne me réjouis pas.

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lundi 23 janvier 2006

Cruel réveil.

Quelques notes sur une guitare ce matin pour me replonger dans la réalité grise. J'aurais aimé rester au lit parce que la vie y était douce. Dans mon rêve, je filais à travers les bois, sans règles, consignes, obligations. Je traversais la France, peut-être d'autres pays encore. Insouciante. Puis au réveil, je me sens comme un chien étranglé au bout d'une laisse par mes responsabilités. Neb homme de moi n'est pas à côté de moi, il s'est faché hier soir et est allé dormir dans l'autre chambre. Solitude triste d'un début de semaine foireux. "On peut pas la refaire là ?"

H.S.
K.O.
En standby.
Sur les rotules.
Sur la réserve.
En pilote automatique.
Limite "nervous breakdown".

Fatiguée de ce rythme qui m'épuise et qui fait de moi une marionnette. J'ai plus le temps de voir le jour pour relativiser, pour prendre conscience de tout ce que je fais. Puis comme si ce n'était pas assez, il y a la petite voix de la mauvaise conscience qui vient me rappeler à l'ordre régulièrement en me laissant croire que je pourrais en faire quatre fois plus. Les examens oraux et écrits de toutes mes classes sont bouclés depuis vendredi, les bulletins terminés hier. Je ne peux pas dire que l'on va reprendre un rythme normal puisque commence demain la longue série des conseils de classes. Mes premiers devoirs pour le CNED sont à rendre dans deux semaines. J'ai pris du retard dans mes cours d'arabe (prof absente une semaine sur deux, le rapport de stage s'annonce difficile) et le violon, instrument magique et sensuel me frustre, j'aimerais l'apprivoiser, avoir plus de temps à lui consacrer pour lui tirer autre chose que ses cris de lamentation grinçants.

Alors je pense à ce printemps qui va se profiler. Un sursis dans cette course puisque les jours nous laisseront plus de temps. Les contours du "projet" dans ces moments de doute se font plus nets et plus proches : besoin d'air.

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dimanche 15 janvier 2006

Effrayant.

Je regarde à l'instant le témoignage sur Sept à Huit de cette prof
poignardée dans sa salle de cours
par un élève à qui elle avait demandé de retirer son blouson.
C'est une enfant que je vois dans son regard et dans ses larmes.
C'est de la désillusion, de l'incompréhension et de la peur que je sens dans sa voix.
C'est moi aussi qui suis concernée par ce qu'elle a vécu.
Moi comme tous les autres qui tous les jours se retrouvent dans une salle de classe.

Plusieurs fois déjà le conflit est né.
Les regards deviennent pesants, trop direct, noirs.
Plusieurs fois les mots sont devenus trop lourds et menaçants.
Quelques fois j'ai eu peur, mais je ne l'ai pas montré pour ne pas perdre la face.
Plusieurs fois j'ai imaginé ce type de scénario.

Je n'ai pas vraiment peur.
Je ne pense pas être vraiment exposée.
Mais tout de même les questions se bousculent.
Le laxisme.
L'éducation.
Les risques.
L'autorité.
Le futur: le mien, le leur.
L'envie qui fout le camp.

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Youpi...

Aujourd'hui, ils déménagent. J'entends en ce moment même leurs aller-retours pachidermiques dans les escaliers, mais pour une fois, ça me réjouit parce que je sais que c'est la dernière (quoique, je ne sais pas si  ce varcarme va vraiment me réjouir toute la journée, ma patience a des limites, qu'ils fassent vite).  Je pense déjà à nos grasses matinées silencieuses (c'est pas encore pour aujourd'hui, mais ça va venir) et je prie pour que nos futurs  nouveaux voisins ne soient pas trop pressés, pas aussi bruyants, moins vulgaires et surtout moins crados. 
Si ce n'est cela,  il faut aujourd'hui que je fasse du pain (il n'y en a plus), que  je boucle les bulletins avec les trois classes restantes,  que j'envoie quelques cartes de voeux (de plus en plus rares sont les personnes à qui je "souhaite" vraiment quelque chose donc ce sera un plaisir rapide > il faut d'ailleurs à ce sujet que je parle de cette déception permanente que m'inspirent certaines personnes) et il ne faut pas que j'oublie de répondre au questionnaire de Mademoiselle Laureline... Et je continue de me réjouir...

Posté par Diane Groseille à 09:25 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

dimanche 8 janvier 2006

Watch out, the world's behind you

Y'a toujours un moment où on s'arrête.
Comme un dimanche matin où on va prendre le temps, parce qu'on arrivait plus à dormir et que finalement ça tombe bien.
Alors, on fait du pain, on laisse le temps à la pâte de monter et de respirer sa bonne odeur partout dans la maison.
On lance une machine de linge.
On regarde des clips à la télé, pas encore réveillée, la bouche ouverte devant la souplesse de Madona ou les déchirements de Chimène Badi.
On corrige un paquet de copies et c'est bon de savoir qu'après, il ne faudra pas courir pour les rendre aux élèves.
On se fait un thé rouge, une théière pleine pour avoir le temps de la siffler, siroter, voir la tasse fumer sur le coin de la table.
On traîne sous la douche, toujours trop chaude, même depuis qu'ils ont changé le chauffe-eau, passer de la crême sur la peau qui tire et qui vieillit.
On prend le temps d'aller s'allonger près de lui qui dort encore, de le regarder respirer, de passer une main sur sa joue.
On lit trois pages d'un bouquin acheté il y a trois mois et on le repose.
On caresse son violon, on en tire quelques notes, on le repose et on le regarde parce qu'il a quelque chose de rassurant là, sur cette commode, comme pour dire "tu as su le faire".
On feuillette le Nouvel Obs'.
On vient ici taper quelques mots sans importance.
On ne pense surtout pas à la suite.

Et ça me trotte dans la tête depuis le premier janvier, j'aimerais avoir moins peur des gens, ces gens qui me poussent à l'intérieur de moi-même trop souvent.

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Nostalgie du futur.

Quand le jour frappe au carreau
Et nous dit "fini le dodo"
Chevrier, prépare ta besace
Le soleil monte dans l'espace
Ton troupeau est là qui t'attend
Lève toi, il est temps...

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mercredi 4 janvier 2006

50 %.

Les membres lourds, je me lève après m'être à peine étirée. Mon corps machinalement va se rincer sous l'eau chaude. J'attache mes cheveux qui, électriques, veulent se coller à mes joues. Je mets du noir sur mes yeux pour avoir l'air réveillé, mais je dors encore. J'emballe ce grand corps tout endolori dans des vêtements chauds et confortables, comme une couette pour la journée, pour affronter le dehors, le froid, la vie. Je bois une tasse de thé au goût presque amer d'avoir trop attendu. Je me sauve pour quelques heures de lumière faible et lointaine.

L'hiver, je ne suis qu'une moitié de moi-même.

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