vendredi 30 décembre 2005

Elle et moi.

Plus d'un an et demi que je suis Diane Groseille ici.
Peu de gens qui me connaissent la connaissent.
Diane Groseille est plus calme que moi.
Diane Groseille n'a honte que rarement.
Diane Groseille est un "miroir, oh mon beau miroir" de moi-même.
Diane Groseille ne vit que quelques heures dans la semaine, le reste du temps, elle est endormie.
Diane Groseille me fait signe de temps en temps alors que je ne m'y attends pas du tout,
pour me faire penser aux mots que je vais noter ici.
Diane Groseille n'a pas de visage.
Diane Groseille oublie souvent de parler de certaines choses pourtant importantes pour moi, mais qui n'ont pas leur place ici.
Diane Groseille dit des choses que je ne pourrais pas confier autour de moi.
Diane Groseille parle presque toujours seule, quelques fois, elle répond, mais elle est timide.
Diane Groseille est comme une soeur, une autre moi qui n'existe qu'ici,
à la fois bavarde et secrète, paradoxale.
Belle vie à toi Diane Groseille.

fa_ade_visage

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52eme semaine.

Dernière journée officielle de vacances, le reste sera du week-end. Et quel week-end ! Quelle idée ridicule de coller le réveillon sur un samedi soir, quelle honte pour tous ces gens, comme moi qui vont retourner travailler le lundi matin... Mais qui est l'idiot ? Moi sans doute. Alors on fait un petit truc sage. Le Pooh et son prince charmant (on en est à un stade où on peut déjà enlever les majuscules), Jéjé toujours célibataire, l'ex-voisine et son malheureusement toujours "actuel" copain, et quelques égarés de service qui seront ravis de se joindre à notre soirée pour ne pas la passer seul. 

Quand je dis, "on va faire sage", c'est que ça s'impose. Abus évident d'alcool sur la dernière semaine. Il y a eu bien sur cette soirée de Noël qui a trainé quelques larmes ici en fin de soirée, mais qui a surtout drainé quelques fou-rires mémorables. Premier Noël aussi trash. Y'avait aussi Boucle d'or et Neb a fait venir un copain qui était seul pour le coup, alors y'a toujours une assiette pour l'invité de Noël. Lendemain difficile quand il faut réattaquer presque au réveil. Puis plus tard dans la semaine, y'a l'Amie et son homme qui sont venus passer une soirée ici. On s'est terminés au crémant à quatre heures du mat', dans un bar de la rue de la gare. J'en ai encore les genoux et les fesses bleus car il n'y avait que l'alcool pour ne pas geler cette nuit là.

Comme d'habitude, mauvaise conscience de fin de vacances car j'aurais dû en faire quatre fois plus. Les bulletins sont toujours là sur la table basse et ont si peu avancé. J'aurais aimé prendre vraiment de l'avance. J'ai pas pris trop de retard, positivons.

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dimanche 25 décembre 2005

Soir de Noël.

Avec ceux que j'aime. Et pourtant les cils de mes yeux sont maquillés et mouillés. Et tant d'humidité sur mon visage et tant de tristesse dans mon corps. De la tristesse gratuite et partagée. Pour ces canards qu'on tue, pour ces gens qui meurent de faim, pour ceux qui se goiffrent malheureux, pour ceux qui ne comprennent pas malgré la musique "so this is goodbye". Stina Nordenstam. Et tant de gens passent à côté, vivent à côté et ces rubans qui scient mes chevilles en collant ne comprennnent pas non plus. Et vous ?

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jeudi 22 décembre 2005

En flagrant délit de niaiseries.

En vacances depuis quelques jours déjà, je me blottis chez moi, je corrige mes copies, je prends de l'avance sur les bulletins (que j'ai embraqués comme j'étais la dernière à quitter le lycée et que je serai la première à m'y rendre), j'aligne mes notes sur mon violon (encore fausses pour le moment, j'ai droit à la main gauche depuis quelques semaines), je révise mes cours d'arabe et j'essaye de donner corps à mes cours du CNED qui pour le moment ne représentent que des tas de papier (peu de temps jusqu'à maintenant pour y jeter un oeil).

Et comme pour toutes les fêtes de fin d'année , j'aménage mon emploi du temps (qui n'en est d'ailleurs pas un) pour me coller régulièrement devant le film "cake" de la 6 (je me dois de ne pas égratigner les traditions familiales même si je suis seule). Souvent plus par flemme que par véritable passion, je me jette donc dès le départ de mon homme dans le canapé. J'ai beaucoup de mal à suivre un téléfilm en entier, mais je m'en imprègne bêtement avant de partir vers d'autres occupations tout aussi futiles. J'attendais la fameuse saga qui ressort tous les ans, dans le genre de la Caverne à la rose d'or, histoire de m'abrutir de troncs d'arbres qui parlent et de trolls en tous genres. Et je constate alors, en consultant le programme, la richesse de M6.

caverne_de_la_rose_d_or

Lundi:

  • Une fiancée pour Noël
  • Le Mensonge de Noël
Mardi:
  • Un Noël pas comme les autres
  • Une Promesse pour Noël
Mercredi:
  • Un Papa tombé du ciel
  • Le cadeau de Noël
Jeudi:
  • L'espoir de Noël
  • La Romance de Noël
Vendredi:
  • Le Cadeau de Carole
  • Un Noël inoubliable
J'adore. Si vous aviez un doute sur la période (mais comment y échapper ?), vous êtes certains de vous plonger dans l'ambiance "Happy Christmas". La recette est toujours la même : vous prenez les schémas actanciel et narratif dans toute leur puissance et vous rajoutez à cela une petite dose de religion bien moraliste, un soupçon de pub pour coca (si ce ne sont des canettes, ce sera au moins la tenue du père Noël) et Mac Do, quelques personnages on-ne-peut plus niais (choisissez les bien mures), de petites chansons qui vous plombent la tête et une petite larme à verser à la fin quand tout va bien et que tout le monde est heureux (parce que bien entendu, tout le monde est heureux à la fin)... Joyeux Noël !

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mercredi 21 décembre 2005

Manifeste pour l'abolition du gavage.

Je relaie ce que je peux lire au fil de la presse et des pages web.
Parce que c'est très important.
Ne mangez pas de foie gras.
Regardez la vidéo.
Comprenez.
Et signez ici.

gavage

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Pénombre.

arbres_b_w

Aujourd'hui,
Pas de lumière,
Comme si tout restait éteint du matin au soir,
On oublie d'appuyer sur l'interrupteur,
On en oublie de se réveiller vraiment.

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lundi 19 décembre 2005

Rien de grave.

J'ai trouvé le livre sur les rayonnages d'Emmaüs. Le titre me disait quelque chose, mais je devais être tombée dans une faille spacio-temporelle au moment de tout le battage médiatique qui a accompagné sa sortie. Puis j'ai jamais été très "people". Alors, j'ai commencé à lire le fameux Rien de grave, un soir sur l'oreiller. Dès le départ, l'écriture me déplaît. Il y a cette façon qu'ont tous les auteurs qui se veulent "fashion" de prendre une certaine liberté avec la ponctuation. "Une virgule ? Pour quoi faire ?". Certains ont su en faire un jeu qui a son charme, chez elle, c'est fatigant. Puis il y a dès le départ quelque chose de lourd dans ces analepses récurrentes. "Je vous parle de moi, mais attendez, il faut aussi que je vous parle de moi avant". Puis plutôt que de commencer par le début, commençons par le milieu, ça n'en sera que plus compliqué. La complication, là aussi, peut trouver son charme chez certains, mais chez elle, c'est d'un ennui mortel. Je ne me décourage pas pour autant, je mets un point d'honneur à finir un livre que j'ai commencé, surtout lorsqu'il ne me plaît pas, j'ai toujours adoré l'effet de surprise "et si ça s'arrangeait sur la fin ?". L'effet de surprise n'est pas venu et j'ai traîné la lecture de ce récit insipide sur plusieurs soirées, m'endormant dessus régulièrement. L'héroïne était comme une compagne à qui on a envie de mettre des baffes, sa faiblesse, son manque de courage, sa sournoiserie, la voir ainsi passer à côté de sa vie et jouer les sales gosses capricieuses m'a dégoûtée au fil des lignes. Ce n'est que sur les dernières pages, alors que ça pue vraiment l'autobiographie que je me dis que l'héroïne Louise, pathétique et pitoyable, est sans aucun doute l'auteur, tant de lacheté ne pouvant être fictive. Quelques recherches sur le net confirment bien qu'il s'agit là de la fille de BHL qui a été larguée par son mari pour la belle Carla Bruni (histoire lamentable que je viens de lire, à peine camouflée par des pseudos). Et là, je me sens trahie, j'ai l'impression qu'on m'a fait gober un "Voici" ou un "Gala" caché derrière une couverture Stock. Beurk. Rien de grave, mais beurk quand même.

rien_de_grave

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vendredi 16 décembre 2005

Phrase du jour.

Examens oraux de la journée de vendredi. Je me fixe un point d'honneur à être juste avec chacun. Pas de traitement de faveur, même sort pour celui qui passe à huit heures que pour celui qui passe à dix-sept heures. Tant d'éléments qui entrent en compte : ce que nous demande l'académie, ce que nous pouvons faire en pratique dans l'établissement (expression favorite de Tête de Brique : "faites au mieux"), ce que veulent bien faire les élèves et ce que ça donne au bout du compte. Des larmes, des ongles rongés au sang, des bégaiements, des mots qui sortent et qui ne devraient pas ("merde je le savais", "ah putain, comment y s'appelle déjà", "yes, ça déchire"), d'autres qu'on demande et qu'on ne trouve plus "je vous assure, Madame, je l'ai sur le bout de la langue". C'est souvent surprenant.

Comme cette demoiselle un peu paumée du haut de ses dix-sept ans qui ont dû venir trop vite. Y'a des choses qu'elle a pas vu passer. Elle me présente ce jour là un dossier sur Hitler. Elle m'apprend qu'il était architecte et qu'il a eu beaucoup de concours. Je tombe un peu des nues mais je la laisse parler. Quand elle en a fini de sa présentation, je lui demande un peu curieuse pourquoi elle a choisi ce sujet (le sens de ma question était en fait, "mais pourquoi avoir choisi de me parler de quelqu'un que tu ne connais pas du tout"), elle me répond, je cite "Hitler est un Monsieur bien, il a fait un tas de choses merveilleuses, il est gentil". Game over. Où est ce que ça n'a pas fonctionné ? J'ai du rater un épisode.

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jeudi 15 décembre 2005

Vision dégoutante.

Hier après-midi, en salle des profs, alors que je respire entre deux oraux, je me colle contre un radiateur et je regarde par la fenêtre, les yeux dans le vide en essayant d'oublier trente secondes le temps qui passe trop vite. Mon regard est tout de suite arrêté par un mouvement rapide. Je fixe sur la chose. Trop tard, j'ai vu ce que je ne voulais pas voir. Un type, là dehors, en plein jour, en train de faire se petite affaire, juste à côté de la route, les yeux révulsés. La rapidité de son geste me restera un moment devant les yeux. Et l'incongruité. Comment est-il possible de se tirer sur la nouille en pleine ville, comme ça, alors que des passants et des voitures circulent. Est-ce un exhibitionniste ou y'avait-il une urgence qu'il ne pouvait plus maîtriser ? Quoi qu'il en soit, un sérieux pète au casque. Je ne regarde que quelques secondes et je tourne les talons avec l'espoir de me sortir cette image de la tête. Plus tard, assise face au stress de mes élèves qui passent leurs oraux, l'idée me traverse à plusieurs reprises que j'aurais dû ouvrir la fenêtre et crier à ce gros dégueulasse d'aller faire ses horreurs ailleurs. Plus tard encore en rentrant chez moi, je me dis même que j'aurais dû appeler les flics. Et dans la soirée, l'idée assez horrible qu'il n'y a qu'un pas entre cette attitude et la volonté de coller une gamine contre un  mur me traverse. Je songe à signaler tout ça à la direction du lycée, même si je risque de passer pour une jeune fille prude et choquée, et que cela s'accompagnera sans doute de blagues bien douteuses pendant un moment. A bas les pervers et les frustrés, les ramollis du bulbe et les excités de la nouille ! Il n'y a guère que lui que je tolère encore dans ce domaine...

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mercredi 14 décembre 2005

Triste anniversaire.

Un an aujourd'hui que Whawha a traversé la route trop vite.
Petites pensées toute la journée pour celle que je n'oublierai jamais.

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