estiveJe disais hier "affronter le dehors", mais en fait le dehors m'appelle, d'une voix forte et de plus en plus convaincante. La journée s'étirait dans un grand soleil inhabituel pour cette fin d'octobre. La lumière passait au-dessus de nos têtes, escaladait le bâtiment, se levait d'un côté pour aller se coucher de l'autre, derrière les petits bouts de montagnes qui osent dépasser des immeubles. Les fenêtres sont restées ouvertes toute la journée dans ma salle de cours. Comme un printemps. Et souvent, la voix du dehors semblait couvrir la mienne qui résonnait entre quatre murs de béton. Envie de sentir l'air dans mes cheveux, le soleil sur ma peau, envie de voir l'horizon. Et je suis prisonnière de quatre murs qui font de moi ce que je suis. Envie de fuite en avant. Et le clicher devient besoin vital.

Comme s'il avait senti cet étouffement, Neb homme de moi met un film hier soir. Je ne connaissais pas et pourtant. Une hirondelle a fait le printemps. Un scénario écrit sur mesure. En me glissant dans l'histoire, je respire par procuration grâce aux grands espaces et aux cris des biquettes. Le projet se dessine, de moins en moins d'utopie, même si ça devait être du long terme.