mercredi 21 septembre 2005

Fashion victime.

Il est là, sur le trottoir, il danse d'un pied sur l'autre. A quelques pas de lui, une terrasse pleine de monde. Sa raison d'être là. Il faut qu'il soit vu. Il sautille d'un pied sur l'autre, comme s'il devait faire pipi, s'agite et parle très fort au téléphone en même temps. Il rit aux éclats et fait briller ses dents bien alignées en même temps. On suppose un téléphone en fait, sa main est contre sa joue, mais l'engin doit être si petit qu'on ne le voit pas. La seule chose qu'on ne voit pas d'ailleurs. Tout le reste est plus que visible. Fashion. Clinquant. Une veste en cuir bordeau cousue de fil rouge, bien ajustée, lui faisant une taille de guêpe. Un jean qui semble très vieux mais qui doit être très neuf et surtout très cher. Des pompes avec lesquels il pourrait faire de l'alpinisme, il ne manque plus que les crampons métalliques et il peut se balader sur un glacier. Une coupe coiffé-décoiffé (nécessitant un pot de gel) qui a dû être travaillée pendant plus d'une heure le matin même et vérifieé plus de trente fois depuis. Puis le must, les lunettes, carrées, monture noire, épaisse, du style de celles qui était remboursées intégralement par la sécu il y a encore quelques décennies. Et c'est le détail qui tue, le petit détail qui lui donne un air intelligent, mais alors juste l'air. Puis si ça se trouve, il en a même pas besoin de lunettes.


Je déteste la fashion victime, dans toute sa splendeur ridicule. Pathétique.

Posté par Diane Groseille à 21:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


Doryphore.

Des élèves qui me demandent de les rejoindre en terrasse pour boire un verre. Pas envie, ils avaient qu'à être moins cons. Leur immaturité les derniers jours me fatigue. Je regrette certains jeunes qui ont eu leur diplôme l'année passée (si on me l'avait dit, je ne l'aurais pas cru). J'ai revu hier soir un jeune homme qui fut parmi les meilleurs de la dernière promo, c'était un peu mon poulain, mon chouchou (il ne l'a jamais su puisque je mets un point d'honneur à rester juste). Il m'a semblé tellement "grand" comparé à nos jeunots. Il n'y a pourtant pas de vraies différences d'âge. Ils sont souvent majeurs, fréquemment indépendants, parfois déjà parents et pourtant, j'ai tellement régulièrement cette impression de bosser avec des gosses. Donc ce soir, ils ont essuyé un refus. J'y étais déjà il y a deux semaines. Le soleil sur mes jambes et le goût de la bière me tentaient, mais je n'avais pas envie de leurs pitreries. J'ai enfourché mon vélo et me voilà de retour après huit heures de cours et les oreilles qui sifflent encore de ma voix qui résonne contre les murs blancs.

Posté par Diane Groseille à 18:28 - Commentaires [1] - Permalien [#]