mercredi 14 septembre 2005

Message pour la prof d'anglais.

Tu parles trop
Tu n'écoutes plus personne
Et plus personne ne t'écoute

Donnez-lui quelque chose à manger
Ou bien quelqu'un à embrasser
N'importe quoi pour l'occuper
Pour l(a) faire taire sans se fâcher

Pousse-toi, laisse passer les anges
Et les modestes et les timides
Tais-toi, tu gagneras au change
Fais se remplir quand on se vide

Et ce n'est pas que ton discours
Ne semble pas intéressant
Tu parles peut-être même d'amour
Ouais, mais tu parles
Tu parles tout le temps

Tu doubles tout le monde et tu te vautres
Tu sais, c'est du pareil au même
Quand on passe à côté des autres
On passe à côté de soi-même

La Rue Kétanou, En attendant les caravanes, 2000.

***

Elle meuble la salle des profs avec ses mots. Ils viennent se glisser dans tous les espaces vides, dans les conversations des autres, entre moi et mon écran, dans les casiers et se faufilent jusque dans les couloirs. Des mots vides mais lourds malgré tout. Le divorce de sa soeur, le prix de l'essence, l'anniversaire de sa nièce, le trajet jusque chez elle, ses insomnies, son régime alimentaire, ses anciens collègues, le bruit de la photocopieuse, ses nouvelles chaussures, la dernière expo qu'elle a vue, le site internet "trop bien" où elle a trouvé de la doc... Et pire, il faut qu'elle glisse des mots anglais partout. Vous pensez ! Je la connais depuis trois semaines. Et j'aimerais tellement moins la connaître.

Posté par Diane Groseille à 18:45 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Avis de recherche.

Depuis le 23 juillet, pas de nouvelles de Lily Bauer. Lily, reviens!

Posté par Diane Groseille à 12:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Un petit con.

Jusqu'à maintenant, c'était comme sur des roulettes. Pas la moindre contrariété. Les rouages étaient bien huilés: toujours les photocops sous le bras, les copies dans les temps, des cours calculés à la minute, le sourire aux lèvres et des jeunes en face qui respirent la motivation et la bonne humeur (...).

Hier: bug. Premier couac. Nouvel arrivant. Tout petit grincement dans cette machine qui fonctionnait si bien.  Il doit avoir une vingtaine d'années. Se tient sur sa chaise comme s'il n'avait pas de colonne vertébrale. Me sourit bêtement en permanence avec ses dents pourries: foutage de gueule en puissance. Coupe la parole à tout le monde, pour, surtout, avoir le dernier mot. Chipote. Fait preuve d'une mauvaise fois sans limite. Refuse d'enlever ses lunettes de soleil prétextant qu'il s'agit de ses lunettes de vue. Et mon cul c'est du poulet? En tous cas, je vais te botter le tien mon petit gars, tu ne feras pas long feu. Pas moyen que tu m'empoisonnes une classe (dont le niveau était déjà ras des pâquerettes) avec ta petite gueule de caïd. Je vais pas jouer au flic, j'ai autre chose à foutre. Alors tu vas dégager vite fait. Ici, c'est moi le chef. Et je t'emmerde !

Posté par Diane Groseille à 07:25 - Commentaires [3] - Permalien [#]