lundi 12 septembre 2005

Mal aux dents.

Bougon. décidément. Pourtant le soleil revient et faudrait que je mette les contrariétés de la veille au placard. Je fais tout pour. J'écoute Bogaerts: "c'est des rhododendrons, ça sent bon". Je fais des efforts. J'ai souris aujourd'hui. Plein. A tout le monde. Pour rien. Juste pour y arriver au bout du compte sans y penser, pour y croire.

D'ailleurs P.  me fait sourire. Jaune. Lui aussi il a un gros nombril. Alors il demande aux gens "comment tu vas". Il demande tout le temps, plusieurs fois par jour. Mais la réponse, il s'en pête comme de l'an douze. C'est comme un trampoline pour parler de lui. Vous remarquerez d'ailleurs, les gens, quand on leur demande comment ils vont, répondent sans même y réfléchir "ça va". Par pudeur, par politesse par économie de temps. Parce qu'on se voit mal répondre, qu'en fait, non, ça va pas fort, personne ne nous écoute, on a les impôts à payer, cette facture de gaz, plus une tune pour le plaisir, la vidange à faire et qu'en plus on est constipé (ce ne sont bien sur que des exemples). C'est plus simple de répondre "ça va". C'est plus simple quand on a pas P. en face. Parce qu'avec P., il vaut mieux raconter sa vie avant qu'il ne le fasse, ou alors se sauver vite. J'opte de plus en plus souvent pour cette deuxième solution. Et pas seulement pour P. en fait. Je fuis les gens.

Puis, oui, tiens, j'ai mal aux dents. Et merde. Vaut mieux que je la ferme.

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Posté par Diane Groseille à 18:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]


Constat.

Les crevasses d'hier sur la tronche. Sale gueule. Mes paupières sont gonflées. Je voudrais les gommer et avec elles la journée passée. Ces mots acides, toute cette colère et cette déception. On ne choisit pas sa famille. Et pourtant, qu'est-ce que je les aime! Puis dans la soirée, avec Neb homme de moi, nous avons aligné des mots d'explication, encore. Je veux qu'il comprenne, je veux pas qu'on en reste là. Je ne veux pas non plus faire semblant.

Ma voisine Marie au téléphone l'autre soir. Elle me parle. Pendant exactement 26 minutes. Elle se plaint, chouine, explique sa vie pour mieux la vivre (ce que beaucoup d'entre nous font). Au bout de 26 minutes, il faut qu'elle me laisse. Elle raccroche. Je reste assise. Elle n'a pas demandé une seule fois comment j'allais. J'ai l'impression d'avoir regardé une mauvaise série à la télé.

Le nombril des gens est peut-être ce qu'ils ont de plus important. Ce qui les rattache à eux-mêmes. Mon nombril est ici. Je ne le montre pas pendant 26 minutes à mes amis.

Je me sens seule.

Posté par Diane Groseille à 07:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]