mercredi 8 décembre 2004

Ma satisfaction de la semaine

J'aime la vie, j'aime la vie, oh oui, j'aime la vie (ça ressemble à un chant orgasmique)... Mais p'tain qu'est c'qu'elle va vite en ce moment... J'ai tant de mal à la suivre... Tout ce taf, préparation de situations d'examens, mise en place de projets pédagogiques, remise en question de la pertinence de tel ou tel cours, remaniement de progression et toujours et encore mes corrections de copies... Encore une bonne semaine et demi et ensuite, paraît-il, on passe aux visites en entreprises et ça promet d'être folklorique (surtout de se pointer chez les patrons une semaine avant Noël, pour sur, ils vont adorer.... Encore une bonne idée de notre grand chef)...

Petite satisfaction personnelle hier soir. Fin d'un cours. Un élève vient me voir. Il a pris grand soin d'attendre que tous ses camarades aient quitté la salle (ça sent la confidence). Il s'approche. Alexandre. Jusqu'à là, je ne le connaissais pas sans ses rangos, tout de noir vêtu, même le regard. Régulièrement, alors que je le suis depuis un an et demi, il tient des propos extrémistes, particulièrement simplistes et dangereux dans le milieu où il évolue: propos fascistes, racistes, homophobes, anarchistes... Il arrive hier vers moi en trainant ses baskets. Un bon vieux jean et une veste rouge. J'avais bien noté le changement. La semaine précédente, je m'étais vue obligée de faire un signalement à son sujet au directeur: négationisme. Et c'était pas la première fois que j'avais à le faire. Mais là, il s'était mis dedans profond puisqu'il avait accompagné ses propos d'une lettre abominable. S'en sont suivis des coups de fil au patron et aux parents (je pense même qu'il a fait un signalement). Bien sur, il y a eu des retombées. On a menacé "Monsieur" de renvoi, tant au niveau de l'établissement que de l'entreprise où il travaille. Ma satisfaction  n'est pas là, je ne prends aucun plaisir dans le sadisme (encore un mot qui va me ramener les vicieux de google) bien au contraire. Cependant Alexandre est venu me voir. Il n'avait plus aucun intérêt à le faire, les sanctions avaient été prises. Il m'annonce qu'il a réfléchi, que les propos de son patron et les miens ont mis un sacré souk dans sa caboche. Que toutes les idées qu'on lui fourre dans la tête depuis qu'il est jeune ont été remises en question. Il me dit faire partie d'un "groupe" depuis des années, que jusqu là, ça a été un vrai bourrage de crâne. Que maintenant, il s'en sort plus, qu'il a besoin de nous, de moi, pour y voir plus clair. Qui sont les gentils, qui sont les méchants? C'est un petit pas, mais ça reste un pas....

Ce soir, Neb homme de moi s'en va (d'ailleurs il n'est pas encore rentré). Il part se taper une soirée balnéo avec un pote. J'ai pas envie d'y aller, je peux plus courir, faut que je me pose, c'est trop loin et j'ai toujours le nez qui coule, non, non, non...

Posté par Diane Groseille à 17:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]