Tard dans la nuit, je retrouve ma ville, mon appart', mes parfums de chez moi, les draps qui sentent la lessive, l'odeur des poutres de bois... Je trouve aussi sur la table de la cuisine le courrier que ma voisine Marie m'a gentiment récolté. Je découvre au milieu de quelques rassurantes et tendres cartes postales une armée de factures et de lettres de rappel. La banque, la sécu, la CAF, et tout ceux qui pensent à moi pendant les vacances alors que je ne leur envoie pas même une petite carte postale. Au milieu de tout ça, aussi, mon emploi du temps pour la rentrée. Ce canevas d'heures sur une feuille A4 qui va définir toute cette ribambelle de semaines.

Il est bientôt cinq heures. Nous n'avons pas sommeil. Trop de choses derrière nous et trop de choses à venir.

Derrière, il y a un mois de bonheur, de découverte. Découverte de la Corse, mais aussi découverte l'un de l'autre. Il me reste des images douces et turquoises dans les yeux, avec des paillettes de discorde dorée. Au retour, quelques jours encore passés dans la montagne, air revigorant, eau chlorée, bonnes bouffes et ivresse. Des grasses mat' qui s'éternisent dans la fraîcheur des murs de pierre.

Puis le retour, cette nuit. Passage par la Suisse. Neb homme de moi est au volant et je suis recroquevillée sur mon oreiller à m'en briser la nuque.

Devant il y a ce nouvel appartement à trouver encore, une ou deux randos dans la verdure fraîche, les amis à revoir (coupée du monde pendant un mois, pas même de portable, certains s'en trouvent presque vexés)... Puis la rentrée avec toutes ces nouvelles têtes et des projets qui fusent... Heureuse aussi de retrouver ce blog que je n'ai que rarement consulté pendant le mois écoulé. Il faut dire que les rares passages ici m'ont confrontée à des insultes bien salées. Certes, elles m'ont fait sourire, mais la bêtise et la méchanceté qui s'en dégageait ne m'ont pas forcée à plus d'assiduité. On en revient à ce que je soulevais avant de partir, à savoir certaines choses décevantes....

L'heure est venue dans ce petit matin, de rejoindre homme de moi sous la couette...