jeudi 10 juin 2004

Le choc de la tôle

               Journée jaune de septembre. Je roule dans ma petite clio grise sur une nationale tranquille. Je viens de quitter mon ami-amant, mon Jules d'alors, mon copain-cochon. Il partait à son entrainement de boxe. Ce jour là, après une longue inquiétude, je me vois rassurée par une petite bande bleue sur un bout de plastique sur lequel j'ai fait pipi. Ouais, et l'hypothétique papa aurait été le Furet et non le Jules. Aïe. Et comment apprendre à celui qui a partagé 5 ans de votre vie que maintenant qu'il n'en fait plus partie, vous portez son enfant.

             Bref, je suis soulagée. Je roule, derniers jours de lumière avant la grisaille. Whawha sur la banquette arrière. Vite, une voiture se retrouve sur ma voie. Pas le temps, c'est le choc. Bruit. Violence. Force. Moi, contre elle. Je sens que je n'ai plus aucun contrôle. Mon véhicule est projeté en arrière et je vois l'autre voiture s'éloigner très vite de moi. Fumée. Longtemps après, quelques secondes, tout s'immobilise. Tout semble irréel. La voiture blanche est loin. Seulement alors, je pense, rapidement, que je ne pouvais pas réagir, que tout cela vient de se passer en une ou deux secondes. Que je ne suis pas morte. Whawha est sur mes genoux et elle a fait pipi. Ma cigarette est tombée au sol. Ca sent le plastique brûlé et l'essence. J'écrase ma cigarette. Je regarde autour de moi. Je suis en pleine voie. Machinalement, je tente de passer une vitesse pour me mettre de côté. Plus rien. Je ne comprends pas. Je sors de ma voiture. Whawha me suit. Plusieurs dizaines de mètres plus loin, la voiture blanche. Juste avant l'impact, j'avais eu le temps de voir le regard affolé d'une femme. Elle est dans sa voiture. Plus de vitres, plus de côté gauche en fait. Je lui demande si elle va bien. Elle me répond "genou" avant de perdre connaissance. Dans les minutes qui suivent, je me pose sur le trottoir. Je regarde autour de moi, bouche ouverte. Des voitures sont arrêtées, on vient vers moi, des hommes, des gendarmes, qui me demandent comment je vais, qui me disent de m'allonger, que l'ambulance va arriver. Quelle ambulance, pourquoi? Whawha chouine. Je compose le numéro du Jules. je dis, que je sais pas, que je peux pas repartir, voiture veut plus partir. Il dit: je viens.

           Soudain, je VOIS. Je vois ma voiture et je me demande comment j'ai pu en sortir. Ce qui était ma voiture grise. Elle est là-bas, dans une mare d'huile (zut, je venais de faire la vidange), le toît est déformé, les vitres sont explosées, le capot est ouvert et le moteur est sur la route. Les gendarmes me font souffler dans le ballon et, en peu de temps, le Jules est là, me prend dans ses bras mais je ne comprends pas trop pourquoi, c'est juste que je vais être en retard à mon cours. Puis je vois les pompiers et leurs grosses pinces qui découpent la voiture blanche. Et là, je vais voir tous ces gens sur le bord de la route et assez calmement, je leur dis que y'a Starac' à la télé et que c'est sans doute plus intéressant. Je ne veux pas monter dans l'ambulance, mais Jules insiste pour me conduire à l'hôpital. c'est là-bas que je saisis enfin ce qui vient de m'arriver. On me fait des radios mais je n'ai rien, juste le sternum fissuré. Je me dis que c'est pas grave. C'est le lendemain que j'ai su que des mois durant j'allais en souffrir. Puis en sortant de l'hôpital,dans cette fraîcheur de la nuit bientôt automnale, je pleure enfin, en comprenant que je suis vivante et que, ce que tout le monde m'a dit, j'ai beaucoup de chance.

           Ce n'est que 24 heures plus tard que j'arrive à savoir que cette dame est toujours en vie et qu'elle n'a que peu de blessures. On me fait savoir qu'elle était sous anti-dépresseurs, très forte dose, volonté d'oublier. Elle en a oublié qu'on roule à droite en France, et il y a donc eu un choc frontal à 90 km/h...

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COQUELICOTS

Vous trouvez pas qu'il y a beaucoup de coquelicots cette année?

Posté par Diane Groseille à 15:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Puis après, y'a eu ça....

         Autoroute. Moi en pilote automatique. Je roule sur le périph' de ma ville. Putain de ville. Putain de travaux. Mais ça, je me le dis même plus puisque je suis en pilote automatique. Et là, waouch, la sortie que je prends tous les jours est fermée et tout droit, si je continue, je change de pays. Mais j'ai pas le choix, alors je roule. Je fais plusieurs bornes avant de voir le premier panneau de déviation. Et là: les bouchons. Z'avaient fermer trente bornes d'autoroute, aux alentours de huit heures du mat', z'imaginez le bronx? Alors je prends mon mal en patience, ce qui n'est pas le cas de tout le monde. Et je ris parce que les gens pensent que klaxonner, se bouffer les ongles ou gueuler par la fenêtre va faire avancer la file de vingt kilomètres de gros culs qui bloquent le passage. Oui, je ris, pas si nerveuse que ça finalement, relativement zen même. Et plus le temsp passe, plus je trouve cette fuite en avant dans mon emploi du temps charmante. Je vois les chiffres défiler sur mon horloge et je peux compter les gravillons au sol. Je trouve un paquet de gateaux dans mon sac, je monte le son d'Amnésiac et je baisse la vitre pour laisser entrer ce qui se fait moins étouffant avec le peu de mouvement. Je vois "10:00" et je sais que mes élèves se réjouissent déjà de mon retard qui pourrait se transformer en une absence-surprise agréable. Puis la fluidité revient, lentement. et je ris encore de voir ces abruttis à fond de troisième et déjà à 100km/h pour rattraper un retard qu'il ne rattraperons pas. Des cons. Des cons dangeureux.

     Voilà, j'arrive dans ma salle de cours avec 20 minutes de retard et un "rhoooooooooooooo" général de déception. Leçon de zenitude.... Tout d'un coup, je me souviens, cette histoire me rappelle...........

Posté par Diane Groseille à 15:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Des matins comme ça

          Ouai, il est reparti, à se demander si finalement il a pas le feu au Q. Moi j'aligne mes journées, toujours les mêmes, de plus en plus gavantes si on y fait attantion. Alors soyons lobotomisé, juste un minimum d'anesthésie avant de partir bosser pour pas penser que tu joues au chien de garde toute la journée. C'est fatigant. Là aussi, j'ai toujours voulu être juste, mais je fais pas ce que je veux. Quelque soit le job, je voudrais être en accord avec moi même et ça me file entre les doigts ici....

          Encore la fraicheur du matin et le pain frais en parfums doux qui rentre chez moi. Je dois me sauver, juste une dernière chose avant de partir: je méprise Cauet et ses hyènes...

Posté par Diane Groseille à 07:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

j'aligne des mots

             Je me pose des questions sur l'intéret de l'écriture ici. Voilà quelques semaines que j'aligne des mots sur ce blog. Je ne retrouve' pas forcément la justesse du papier (auqual je suis malgré tout restée fidèle). Mais pourquoi toujours vouloir le mot juste. Pourquoi cette recherche de la simplicité dans le verbe qui retranscrira un fait. Et pourquoi mettre toujours un mot sur chaque fait, ici ou ailleurs? Volonté de rendre vraiment réelle une vie qui l'est ou alors de me faire entrer dans une fiction. Peut-être pour ne pas laisser filer le temps. Peut-être la trouille de perdre justement le fil. Peut-être un soucis d'organisation, un epu maniaco dépressive sur les bords....

ET VOUS?

Posté par Diane Groseille à 07:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]