vendredi 28 mai 2004

Curiosité sans intéret.

Questionnaire tac tac.

C'est l'heure des indiscrétions. Je ne connais personne ici...

1. Ton dessin animé préféré quand tu étais petit

2. Ton plus grand projet.

3. Définis toi en un mot.

4. Ta couleur préférée.

5. Ton surnom.

6. Crois-tu à la réincarnation?

7. De quoi as-tu peur?

8. Ton rêve le plus fou.

9. Quel est le prix de la valise R.T.L.?

10. Dors tu avec une peluche?

11. La chose la plus ridicule que tu possèdes.

12. Le pire défaut.

13. Ton pire défaut.

14. Ton souvenir le plus drôle.

15. Le moment de ta vie où tu t'es senti le plus heureux.

16. Un animal commençant par N.

17. Le nom du compagnon de Nils Olgerson.

18. La personne que tu admires le plus.

19. As tu lu Le Petit Prince?

20. Aimes-tu la choucroute?

21. Crois tu en Dieu?

22. Un mot pour ta vie du moment.

23. As tu des photos dans ton portefeuille?

24. Le plus joli mot.

25. Le mot le plus laid.

26. La couleur de tes yeux.

27. As-tu déjà pleuré devant un film? Si oui, lequel?

28. As-tu un porte-bonheur?

29. Quelle est la pire insulte qu'on puisse te dire?

30. Une citation que tu apprécies.

31. Que sais-tu cuisiner le mieux?

32. Sais tu danser la valse?

33. Quel est le plus beau cadeau qu'on puisse te faire?

34. As-tu déjà volé un panneau de signalisation?

35. Aimes-tu mélanger le sucré et le salé?

36. Que penses-tu de la portée artistique des nains de jardin?

37. Penses tu que le nutella mérite le prix nobel?

38. Où est Charly?

39. As tu déjà lu un magazine féminin?

40. As tu déjà fait une collection?

41. La partie de ton corps que tu préfères.

42. La partie de ton corps que tu détestes.

43. As tu déjà porté une jupe?

44. Aimes tu le coca cola?

45. As tu déjà volé?

46. Aimes tu les pigeons?

47. Que penses-tu de la mondialisation?

48. Le dernier livre que tu as lu?

49. Ton plus gros mensonge.

50. Ta plus grosse honte.

51. Qu'est ce qui te donne envie de vomir? Pourquoi?

52. As-tu déjà offert des fleurs? A quelle occasion?

53. Qu'est-ce qu'un adulte?

54. La chose la plus folle que tu ferais par amour.

55. Mais... As-tu déjà été amoureux?

56. De quelle couleur est une boîte noire?

57. Pourquoi le père Noël est il habillé en rouge et blanc?

58. Fait chaud non?

59. Ça te saoule là?

60. Quelle est la question qui te gênerait le plus?


Posté par Diane Groseille à 23:47 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Souvenir de Lo.

SUR MESURE.

Deux ans que je l'avais pas vue. Je marchais dans les rues, j'allais à sa rencontre, elle m'attendais, je le savais. Pas forcément envie de la voir. Tout ça faisait partie du passé et je n'avais aucun intérêt à y aller. En marchant, les yeux dans le vide, je repensais à tous nos moments passés ensemble, à ce qu'elle avait été pour moi. Avec le temps, plus grand-chose, une amourette de vacances tout au plus. Un faire-valoir pour la personne que j'étais à l'époque. Je voyais pas ce que j'étais venu chercher ici, la nostalgie ça a jamais été mon truc. Mais j'étais là quand même et c'était pas forcément une bonne chose par rapport à ma vie du moment. Elle m'avait tendu une perche et j'avais fait l'erreur de la saisir. Bon, j'étais là et je pouvais plus faire demi-tour. Je vais boire une mousse et je me sauve, c'est l'histoire d'une demi-heure et je rentre chez moi. Y'a rien de mal à ça...

Elle m'attendait sur une grande place pleine de soleil, il devait être cinq heures, la fin de l'été mais une journée encore chaude. La gorge sèche, j'avance sur les pavés en me disant que je serais ridicule si je ne la reconnaissais pas. Tour d'horizon. Elle est assise là, de dos, mais je reconnais ses bras minces et ses mains qui lèvent son verre de bière à ses lèvres. Je peux encore faire demi-tour et prétexter un empêchement de dernière minute. Bon, après tout, c'est qu'une bière... Je m'avance, la salue et découvre son visage. Elle sourit et je lui colle une bise sur chaque joue. Je m'installe en face d'elle et nous commençons à converser, comme si je l'avais vue la veille. On parle de tout et de rien, de nos vies, du présent... Ses cheveux sont plus longs, avec des reflets que je ne leur connaissais pas, mais elle n'a pas changé. Toujours ses grands yeux qui impressionnent et qui rient. Elle fume, elle boit et je la suis... Plusieurs verres plus tard, on parle du passé... Je n'ai aucune excuse à fournir, d'ailleurs elle n'en demande pas, elle ne cherche pas à savoir le pourquoi du comment. Je réalise malgré tout que, même si ça n'a plus d'importance pour elle aujourd'hui, je l'ai blessée. Dans un moment de lucidité, alors que je me faufile vers les toilettes, je me dis que je ne dois rien à cette fille et que je vais me sauver. Si je devais calculer avec toutes mes conquêtes passées, j'y passerais mes journées. Puis en revenant vers elle, je me dis que je vais rester encore un peu. Je la regarde de loin, ses yeux pétillent à cause du liquide doré qu'elle ingurgite depuis plus de deux heures maintenant. Elle porte un débardeur rouge qui met en évidence ses épaules dorées et une jupe beige, fluide et qui touche le sol, mais qui laisse deviner ses jambes. Elle est plutôt jolie et je me dis que ce serait dommage de la laisser filer.

Alors que je me réinstalle en face d'elle, elle me dit qu'elle va y aller, qu'elle est attendue ailleurs. Comme un con, je lui propose encore un verre. Elle refuse mais accepte que je la raccompagne jusqu'à sa voiture. Sur le chemin, nos pas sont maladroits mais je me sens à l'aise avec elle, comme je l'ai finalement toujours été. Pourquoi avais-je redouté ce moment, c'était simple. Nous passons devant une terrasse et nous nous installons à nouveau pour un "dernier verre". Changement de décor, changement de conversation, je lui parle plus facilement, je regrette certaines paroles alors qu'elles sortent tout juste de ma bouche, mais je ne veux pas en rester là. Je l'invite au resto, elle va refuser, elle a autre chose à faire, forcément. Je ne parviens pas à savoir ce qu'elle pense. Elle accepte et sur le coup je me dis que ç'aurait été mieux qu'elle refuse, pour nous deux.

On se dirige vers une autre petite terrasse, sous les arbres, dans une arrière cour. Soir de semaine, y'a pas foule, des petits lampions au-dessus de nos têtes dispensent une lumière tamisée. Il fait lourd mais elle enfile son gilet de grosse laine. Je réalise que je parle bien plus qu'elle, que je suis en train de faire une bêtise. Je m'éloigne quelques minutes pour appeler ma copine à qui je mens, mais ce n'est pas grave, j'ai besoin de ce moment, j'irai pas plus loin, je fais rien de mal et elle ne se doutera de rien. Sa voix au bout du fil me replonge un instant dans MA réalité. Un instant seulement, dès que j'ai raccroché, je tourne la tête et je refais un bon de deux ans en arrière.

On mange, sans réel appétit. On se regarde, je lui parle toujours beaucoup. Elle me semble plus distante et je me demande à quoi elle pense. Aucune importance. Maintenant, plus rien n'a d'importance, je vis ce moment comme une parenthèse. Je remarque certains détails auxquels je n'avais pas fait attention comme sa bague ou ses cheveux attachés en longue natte qui tombent dans son dos. J'ai envie d'elle. Plus rien d'autre n'a d'importance. Elle me dit qu'elle est libre, libre de faire ce qu'elle veut, qu'elle n'a de compte à rendre à personne. Je ne le suis peut-être pas autant que je le dis. Mes propos me trahissent. J'attrape sa main, le contact de sa peau chaude me trouble.

Ivres d'alcool et de paroles, nous quittons cette petite place quelques heures plus tard, titubant. Je prends sa main, j'en veux plus, ce n'est qu'un rêve, une parenthèse inexistante. J'oublierai tout demain mais ce soir je ne partirai pas comme ça. On longe un parc plongé dans le noir. On s'étale sur un banc. Elle rit et je ris aussi, sans savoir pourquoi. Coup de tonnerre. Ses grands yeux fixent le ciel, elle est allongée, sa tête repose sur mes genoux. Elle semble fascinée par les éclairs, ne me regarde pas, ne me voit pas et je ne vois qu'elle, je craque. Premières gouttes qui s'écrasent au sol. On se réfugie dans un café, encore de la bière, comme pour anesthésier l'erreur. Je la veux, je l'aurais. Je lui dis qu'elle me plaît, que ce n'est que ça, rien à voir avec le passé, comme la première fois. Je ne sais rien de sa vie du moment, elle ne sait rien de moi, on a rien à perdre, je veux la convaincre que les sentiments n'ont rien à voir là-dedans, c'est charnel. J'en viens à réaliser ma routine et je veux m'échapper, quelques instants seulement. Je lui ai fait peur, elle veux rentrer. Notre ivresse ne nous laisse pas réaliser que nous sortons sous une pluie battante. On ne court pas, les gouttes chaudes dégoulinent sur nos visages, je baisse la tête mais elle lève sa figure vers le ciel en riant à gorge déployée. Elle tournoie dans la nuit, ses bras en croix, ses longs cheveux collés à sa peau. Ses vêtements impriment son corps. Je ne peux que la regarder faire, gonflé de désir.

Trempés, nous nous arrêtons sous une porte cochère, personne dans les rues, seuls au monde. Silencieux, nous regardons les trombes d'eau devant nous, elle frissonne, je l'attire contre moi. Je sens son parfum, je lui demande si je peux l'embrasser, elle ne répond pas, elle fixe le ciel déchiré d'éclairs et je sens l'excitation en elle. Elle se retourne et sa bouche vient se coller à la mienne, se coller vraiment, nos langues se trouvent vite et nous sommes soudés. Ses cheveux se collent à ma peau, son souffle est brûlant. Je ne peux m'empêcher de glisser mes mains sous le tissu, j'ai besoin de sentir sa peau. Je remonte le long de son dos, nous sommes enlacés, elle passe à son tour sa main dans mon dos, me serre contre elle. Je la sens trembler, sans doute le froid. Elle s'écarte, quelques centimètres à nouveau entre nous. Je retire ma chemise qui colle à ma peau, elle pose sa main sur mon torse et me fixe droit dans les yeux. "Tu me veux?".

Désir douloureux. Plus rien n'a d'importance à ce moment, vraiment rien, faut que je la possède, vite. Je l'attrape et la serre contre moi, nos bouches à nouveau, comme si elles ne s'étaient jamais quittées, sur le moment, j'aurais pu dire qu'elles étaient faites l'une pour l'autre. Je sens sa chaleur et je veux sa peau, je retire ses vêtements et la pousse contre le mur de briques rouges, dans un recoin plus sombre. Dans la pénombre, contre ma bouche, je devine son sourire, mes lèvres glissent dans son cou, elle est nue devant moi, contre moi, mes mains glissent sur son corps, sur ses fesses, sur ses seins. Tout cela n'est qu'un rêve alcoolisé. Je passe ma main entre ses cuisses et la chaleur humide de son sexe me rend fou de désir, elle soupire, cherchant visiblement à retenir un émoi qui déjà la dépasse. Son souffle sur mon épaule me fait frissonner. Ma bouche descend le long de son corps, j'appuie ma tête contre son ventre et je la serre contre ma joue. Elle tremble mais elle me promet qu'il ne s'agit pas du froid... Je la lèche, je vais enfouir mon visage dans sa douce toison. Son odeur... Ma langue cherche son intimité et je sens ses gémissements dans toute sa chair qui résonnent. Ma bouche la pénètre au plus profond d'elle même et je ressens un plaisir inexplicable à la sentir ainsi remplie par ma langue. Elle appuie ma tête contre elle, de ses deux mains, en ratissant mon crâne de ses ongles nerveux. Je m'attarde à cet exercice, en même temps, je prends mon sexe dans ma main et me caresse lentement. Je la fouille tant et si bien qu'elle finit par pousser un cri de plaisir qu'elle tente d'étouffer en écrasant ses deux mains sur sa bouche. Elle pose ses doigts sur mon cou pour attirer mon visage face au sien, se laissant glisser le long du mur rouge et embrasse profondément ma bouche qui doit avoir son goût. Puis elle me repousse, me tient à distance et fixe mes yeux d'un regard que je ne comprends pas. Une longue minute sans doute, où son souffle court ne parvient pas à me parler mais ses yeux semblent perdus. Puis, comme une capitulation elle dit "prends-moi", dans un murmure. Je sais que c'est ce que nous souhaitons au plus profond de nous sur ce moment et nous ne renoncerons pas. Brutalement, je l'attrape à bras le corps et son corps vient cogner contre le mien, s'emboîter contre moi. Elle me serre fort et je pense que nous ne ressentons plus à ce moment, ni le froid, ni les doutes. Ma main glisse entre ses cuisses chaudes et j'attire sa jambe contre ma hanche, mon sexe est tendu de désir et il glisse contre son ventre. Je cherche l'entrée, doux refuge, humidité et chaleur, ce trou béant ou l'on souhaite retourner, la sécurité, le plaisir... Je pose d'abord la tête de mon sexe contre cette inondation que j'ai provoquée. Je savoure cet instant où tout n'est que désir violent. Après, c'est presque moins fort. Puis je m'engage en elle, lentement, pour sentir chaque parcelle de chair brûlante. Nos corps sont soudés, je suis au fond d'elle et, l'un contre l'autre, nous restons un instant immobiles. Elle recule son visage et ses yeux m'embrassent et me disent oui.

Puis la violence du désir. Sauvagement, je la soulève, le mouvement part, je la baise, vite et fort, dans son corps, pleinement en elle, je la possède, terriblement. La bombe est amorcée. Je ne vois que ses yeux, car toujours, quand je lui ai fait l'amour, j'ai vu ses yeux. Ses gémissements sont un catalyseur de mon plaisir qui me propulse encore plus en elle, puissamment et profondément. Mon corps tout entier vient buter en elle... Mes doigts même viennent pénétrer sa chair, j'écrase sa cuisse dans ma main, contre ma hanche. Ce va et vient laisse monter en moi une violence, une force, qui amplifie encore le mouvement. Je voudrais que ce moment dure toujours, le moment où l'on sent que le désir va se transformer en un plaisir fulgurant. Je ralentis mon rythme quand je le sens en moi si présent que je pourrais en parler la langue. Je veux sentir mon sexe très précisément entrer encore et sortir, jusqu'au bout, de l'entrée et de la sortie, de ce sexe qui me mange et me mâche. Elle me dit encore oui, toujours, dans un souffle, par ses yeux. Je te veux, entièrement et très fort, en moi, pour jouir, encore...

Je viens une dernière fois me planter en elle, fort et dans ce dernier voyage, je me vide, avec un râle qui me dépasse et me soulage de toute cette violence exquise. J'ai senti son corps autour de moi se resserrer, son sexe faire étau autour de mon sexe, je sais qu'elle a pris du plaisir et je sais que c'est tout ce que nous cherchions cette nuit. Elle glisse le long du mur et se recroqueville sur le gilet de laine posé à ses pied. Elle prend ses genoux contre sa poitrine, dans un sourire. Elle me regarde, je m'accroupis en face d'elle et réponds à son sourire. Je voudrais, un instant, que ça ne soit resté qu'un fantasme, ce serait si simple pour la suite, pour ma conscience... Mais je ne regrette pas... Rien, je me sens lourd de plaisir encore et j'aimerais passer le reste de la nuit à ses côtés... Elle se rhabille, tremblante, en vitesse, enfile son débardeur rouge qui est trempé... Elle est toute décoiffée, plutôt jolie, les joues encore roses de plaisir... Elle s'enveloppe dans son gilet, reste plantée quelques secondes en face de moi, ses yeux m'immobilisent, me clouent sur place. Elle pose sa bouche sur la mienne, et le contraste est tellement fort avec les gestes violents que nous venons de partager. Elle dit au revoir et part en courant, ses sandales claquent les pavés, et son corps s'engouffre dans une ruelles sombre.

Je reste un instant pétrifié. J'enfonce mes mains dans me poches, j'ai le hoquet, il pleut toujours, mais moins fort; Je ne sais plus ou j'ai garé ma voiture... Je m'éloigne, me retourne encore pour jeter un œil sur la porte cochère, lieu de notre délit, puis je tourne le coin de la rue...

Je ne l'ai jamais revue mais je crois que ce soir là, nous avons mis fin à une histoire dont la parenthèse était restée en suspend. Nous avions besoin de ce contact fort, tous les deux, pour savoir que nous avions vécu quelque chose de beau.


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Fantasme.

Diane est couchée dans les herbes hautes. Allongée de tout son long, le souffle court, elle respire. Le ciel au-dessus d'elle tourne. Elle vient de lâcher son vélo dans le fossé et s'est laissée tomber dans ce flou vert et parfumé. Elle avait pédalé de toutes ses forces, jusqu'à n'en plus sentir ses mollets, pour gravir cette pente... Maintenant, jusqu'à chez elle, il n'y a plus que de la descente... Une fois son souffle repris, elle s'assied et fouille dans son sac de toile pour en extirper son paquet de cigarettes... Elle allume sa tige de nicotine, regarde ses longues jambes dorées, lisse une mèche de cheveux entre ses doigts. C'est une des journées les plus longues et les plus chaudes de l'année. La lumière est rose et horizontale, encore chaude alors que le soleil lentement se cache.

Diane remonte sur son vélo noir et se laisse descendre. La ville est au bas de la côte, avec ses odeurs de pizzas, la rumeur de ses terrasses, le parfum du goudron qui a été chauffé par le soleil toute la journée. Elle a dans la tête un morceau des Pixies. Elle repense à cette agréable soirée passée avec quelques amis dans un jardin, à tous ces martinis qu'elle a bus et qui la rendent bêtement joyeuse. Le tissu léger de sa robe mauve imprime tout son corps. Avec la vitesse, ses cheveux fouettent ses épaules.

Diane slalome maintenant dans les petites rues qu'elle connaît si bien. Peu de monde. Elle emprunte la rue piétonnière, deux garçons se lèvent en riant d'une terrasse de café, ils saluent leurs amis en reculant. Pas de réflexe, sans doute l'alcool, elle percute le premier alors que le second l'esquive avec une pirouette. Elle laisse tomber son vélo à terre. "Je suis vraiment désolée". Elle sourit quand elle voit que le garçon allongé sur la chaussée est secoué d'un rire rassurant. Visiblement éméchés, les deux jeunes hommes se proposent de la raccompagner ce qu'elle n'ose refuser.

Diane observe ces deux compères tout en marchant à côté de son vélo. Celui qu'elle a renversé sautille à sa gauche, bousculant les politesses et les présentations. Il se nomme Ben, la peau matte, de longues mèches blondes et bouclées qui cachent un regard bleu espiègle, il a un débit de parole impressionnant qui contraste avec le silence de son voisin de droite. Claude est grand, plutôt large d'épaules, des traits fins et un regard sombre. Il marche, mains dans les poches, souriant vaguement aux vannes balancées par son ami. Ce dernier est tellement occupé à attirer l'attention de Diane qu'il ne se rend même pas compte de l'absence de Claude lorsque celui-ci entre dans un bar illuminé pour saluer quelqu'un qui lui faisait signe.

Diane et Ben continuent leur route. L'immeuble de Diane n'est plus qu'à une centaine de mètres... Elle ralentit son pas pour passer encore quelques instants aux côtés de ce jeune homme qu'elle aimerait mieux connaître. Il lui parle de lui, la dévisage, puis la détourne de sa route, bifurque sous une porte cochère pour arriver dans une petite cour intérieure au milieu de laquelle trône un petit cerisier. Devant un parterre de fleurs éparpillées, un banc laqué d'un vert tendre les invite à s'asseoir. Diane appuie son vélo contre un mur et vient prendre place aux côtés de sa nouvelle connaissance. En levant la tête, elle réalise que la nuit est proche, que l'obscurité se fait lourde, un trou de lumière rosâtre se dessine au-dessus des terrasses. Elle ne sursaute pas quand sa main se pose sur sa cuisse encore chaude de cette lourde journée et ne l'arrête pas quand il remonte sous sa robe. Silence, il la regarde profondément, elle comprend, elle acquiesce avec les yeux. Elle le laisse faire, renverse sa tête en laissant ses longs cheveux se balancer derrière le banc.

Diane soupire quand elle sent sa culotte de coton blanc glisser le long de ses jambes. Ben est à genou devant elle, il pose sa bouche sur sa peau, à l'intérieur de ses cuisses. Sa main s'est posée au creux de ses jambes, il sent son désir humide, ses doigts glissent en elle, lentement, tendrement. Rapidement, Diane sent que la chaleur d'une langue a remplacé l'habileté digitale et sous ce baiser, elle ferme les yeux et laisse monter en elle le flux du plaisir qui la remplit. Les paroles incessantes ont laissé place au murmure lointain de la ville nocturne. Les boucles dorées viennent chatouiller sa peau innocente. Elle a un mouvement de surprise lorsqu'une main se pose sur son cou et découvre le visage de Claude au-dessus du sien en ouvrant les yeux, elle surprend un regard complice entre les deux amis. Les fines bretelles de sa robe glissent sur ses épaules et découvrent des seins ronds et dorés aux pointes érigées de plaisir. La bouche de Claude vient se coller à cette peau scintillante. Sous les deux langues, Diane se sent objet de désir, poupée gonflée de sensualité. Elle sent la bombe en elle, cette moiteur douce dans son ventre, aiguisée par les doigts de Ben qui la fouillent, sa langue qui caresse son bouton, conjuguée aux morsures torrides de Claude. Plaisir multiplié. Galop de souffle. Un gémissement s'écoule de ses lèvres entrouvertes, pour se transformer en un cri qu'elle ne peut réprimer... Cri... Crie... Claude écrase sa main sur la source bruyante et pose sa bouche sur les paupières closes. Elle jouit, explosion multicolore...

Diane ouvre les yeux, frisson dans tous son corps, elle croise les regards rieurs des deux amis. Ben l'attire contre lui. Elle sent le gonflement du désir. Elle sursaute lorsqu'il glisse à nouveau sa main entre ses cuisses liquéfiées. Il la fait pivoter, en face d'elle, Claude, torse-nu. Elle appuie ses deux mains sur le dossier du banc et offre sa croupe aux mains qui l'explorent. Cambrure, corps anguleux. Elle sent sa queue maintenant remonter le long de sa fente chaude. Il entre en elle, facilement, en assurant son mouvement de ses mains collées sur ses hanches. Claude, accroupi en face d'elle, lèche ses lèvres, se relève et lui présente un bâton de chair. Sa bouche se referme autour de la queue frémissante, elle l'engloutit, délicatement puis goulûment, l'enveloppe de ses lèvres. Elle est remplie, son plaisir est bipolaire. Les deux sexes suivent la même cadence. Toujours les Pixies dans son esprit, mais "où est son esprit ?". C'est au tour des deux garçons de gémir. Claude attrape un sein et en torture la pointe. Délicieux supplice. Ce va-et-vient parfaitement rythmé fait fondre Diane. Elle se sent comme désarticulée par cette nouvelle vague en elle. Pourtant, il y a comme un axe qui la transperce. Plaisir aigu, soudain, toujours plein de contrastes et de couleurs. Elle sent Ben se répandre dans son ventre, au même moment Claude emplit sa bouche d'une semence onctueuse, plusieurs jets qu'elle laisse descendre le long de sa gorge avec délectation. Alors que Ben se retire, Diane lèche encore tendrement la queue de Claude. Elle s'assied sur le banc, engourdie de plaisir, sa robe retroussée à sa taille.

Ben, après avoir chuchoter quelques mots à l'oreille de son ami, colle un baiser sur la joue de Diane et s'en va, les mains dans les poches de son 501. Claude et Diane se retrouvent seuls, silencieux. Le jeune homme tend un paquet de camel. Ils fument tous deux, laissant s'évaporer avec les volutes de fumée leurs derniers frissons de plaisir. Diane, retrouvant ses esprits, se lève et se dirige vers la rue avec son vélo. Claude l'accompagne, sans un mot, jusqu'à sa porte. Après avoir cadenassé son vélo à un réverbère, elle fouille dans son sac pour y chercher ses clés. Il soulève son visage et l'embrasse tendrement, puis, après avoir longuement plongé ses yeux dans les siens, il lui glisse un "merci" à l'oreille qui la fait encore trembler. Il tourne les talons et Diane entre dans le couloir frais et sombre. Elle grimpe les cinq étages et n'est pas surprise, en poussant la porte de son appartement, d'y trouver son ami, les yeux rivés à l'écran de sa console de jeux. Sans un regard, il lui demande si sa journée a été bonne. Elle lui répond seulement : "Je t'aime".


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Promenade dans le parc.

Avec Whawha, je suis allée dans le parc. Promenade du soir, comme tous les soirs. Avec la chaleur de la journée se développent quantité d'effluves. Petite liste:

  • Je descends les marches et dans le couloir, toujours, ça sent le pain chaud ( petite patisserie au rez-de-chaussée).
  • Odeur de pizza dès l'ouverture de la porte de l'immeuble, je vis dans un centre ville, zone pietonne, restaurant tous les deux pas.
  • Plus loin, dans une petite cour intérieure, odeur de lessive du linge propre encore humide est suspendu aux terrasses.
  • Arrivée dans le parc, parfum de l'herbe fraichement coupée qui n'a pas encore été ramassée et qui a seché plusieurs heures au soleil.
  • Odeur forte de caca de chien.

Puis y'a du visuel aussi:

  • Trois sourires et un clin d'oeil.
  • Le soleil en pleine face au détour d'un trottoir.
  • Un sparadrap collé sur un rebord.
  • Un dalmatien qui saute par dessus un banc.
  • Une neige de pétales sur un arbre qui perd ses dernières fleurs pour laisser place à la verdure et à l'été.
  • Une jeune femme, les traits tirés qui crie dans son téléphone portable.

Je porte une jupe longue et fluide, mes sandales de cuir et un pull beige, laine souple. Je sens le vent qui légerement enroule le tissu autour de mes jambes. Je respire.


 

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